Considérations sur l’échec du référendum catalan

Par Dimanche 1 octobre 2017 Permalink 1

L’intangibilité des frontières, suite à différents accords internationaux, est préférée comme le montre le référendum catalan à la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Toute tentative d’une population européenne de faire sécession avec l’état centrale est considérée comme une rébellion et à ce titre sera réprimée.
Seuls les britanniques, inventeurs de la démocratie occidentale ont toléré la mise aux voix de l’indépendance de l’Ecosse. Et ils ont frémi. Et ils ont paniqué vers la fin de la campagne électorale. Alors le gouvernement de Londres a fait jouer tous les médias de Grande-Bretagne et d’Europe continentale pour qu’ils serinent la bonne parole, qu’ils supplient, qu’ils menacent… Et le peuple écossais a cédé, pris de peur devant sa propre audace. Il a été lâche, mais lui a eu sa chance.
En Crimée, le peuple a voté unanimement ou presque. Catégoriquement il a rejeté le pouvoir de Kiev et préféré celui de la Russie éternelle, celui du monde slave. Pour qui connait la presqu’ile, ce n’est pas une surprise. Le peuple a disposé de lui-même et il a, au regard des occidentaux, mal choisi. Alors l’élection est décrédibilisée. La mauvaise foi de ses opposants est sans limite, odieuse, antidémocratique.
Les catalans n’ont pas eu leur chance. La police espagnole a récupéré les urnes avant qu’elles ne soient dépouillées. Jamais l’Union Européenne n’a fait un geste en leur faveur.
Les autres régions de l’Union Européenne ne bénéficieront pas non plus d’un référendum concernant leur indépendance, porte ouverte à toutes les revendications risquant d’aller à l’encontre du monde tel que les forces de l’argent veulent qu’il devienne. Les citoyens devront se taire au Pays Basque, en Corse, en Flandre et partout ailleurs…
Le sens des frontières est ambigu. Leur porosité semble nier leur utilité mais cette porosité quelque soit le sujet est la raison de leur intangibilité. Elles sont les garantes de la continuité de la mondialisation. On ne pourrait pas faire confiance à de nouvelles frontières qui risqueraient d’y circonscrire un peuple libre.
Dorénavant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un abus, un acte révolutionnaire dangereux, une remise en cause fondamentale du pouvoir et des kleptocrates. Les frontières se doivent d’être intangibles. Les frontières ne votent pas, les frontières ne se plaignent pas, les frontières ne se révoltent pas. Avec un peuple, sait-on jamais?

Frédéric Le Quer

PS: reprise partielle d’un texte paru sur le blog intitulé « L’intangibilité des frontières »