Conseil d’Etat, burkini, suite et pas fin

Par Samedi 27 août 2016 Permalink 4

Le Conseil d’Etat décide en référé: « à Villeneuve-Loubet, aucun élément ne permet de retenir que des risques de trouble à l’ordre public aient résulté de la tenue adoptée en vue de la baignade par certaines personnes. En l’absence de tels risques, le maire ne pouvait prendre une mesure interdisant l’accès à la plage et à la baignade. Le juge de référé du COnseil d’Etat suspend donc cette interdiction. »

L’arrêt du Conseil d’état dit en substance à la population que si celle-ci veut rendre le burkini illégal, elle doit fomenter des émeutes sur les plages afin de prouver en créant des altercations avec les baigneurs que leur tenue est inappropriée pour garantir l’ordre public. Il n’est pas certain que Sisco en Corse soit concerné par cet arrêt. Aux citoyens donc de prendre leurs responsabilités, de se mobiliser pour combattre les signes religieux superfétatoires dans l’espace public laïc!

Ce curieux arrêt explique ainsi en filigrane qu’il n’y a pas assez de signes religieux ostentatoires pour qu’ils deviennent une menace. Il faut plus de signes religieux pour combattre les signes religieux un peu comme en finance quand les banquiers centraux proclament que si le QE ne marche pas, c’est qu’il n’y a pas assez de QE!

Notre société aspire toujours à l’intégration alors que ceux qui arrivent la rejette. Fausse intégration en fermant les yeux sur les différences, ou intégration en pointant les différences et en luttant pour les aplanir? Un ersatz d’intégration semble donc suffir à la justice, aux médias dans leur ensemble et à ceux qui les dirigent. Mais à force de nier les évidences les chers troubles à l’ordre public de notre Conseil d’Etat approchent à grand pas.

Frédéric Le Quer