François Hollande et l’économie française

Par Vendredi 19 septembre 2014 Permalink 13

Durant deux heures de conférence de presse, le conservatisme gémissant de François Hollande a laissé l’auditeur pantois devant l’absence de perspective ébauchée. Incapable d’une quelconque remise en cause, le président discrédité s’est accroché à ses idées de politique économique vieillissantes élaborées sur la base d’un monde d’avant la crise de 2008. L’homme est dépassé. Le règlement du catastrophique enlisement de l’économie française est au-dessus de ses compétences.

Au cours des questions de la presse, quelqu’un a abordé le risque de la dégradation de la note de crédit de la France. La réponse de François Hollande fut l’exemple type de ce qu’a été sa trop longue intervention. Il a dénié d’abord toute information sur la future notation puis il a noyé le poisson avec une mauvaise foi consternante en mettant en exergue l’écart des taux d’emprunt pour financer la dette souveraine qui avait diminué avec l’Allemagne en passant de 1,2% en 2012  à 0,4% maintenant, comme si ça avait un rapport avec un quelconque rétablissement de l’économie française! La Grèce pourrait se targuer d’une diminution du spread encore plus grand que le nôtre! Très en verve, sur la même question il a continué sur la théorie des banquiers centraux d’après laquelle c’est l’importance de l’offre de liquidité par les banques aux entreprises qui permettrait la reprise… Forcer à boire l’âne qui n’a pas soif reste pour lui l’ultime solution… Les mesures qui ne marchent pas, sont celles que continue à prôner François Hollande!

L’homme n’a ni vision prospective ni audace; ça fait cinq ans que la déflation est un risque majeur, lui maintient qu’il était impossible de la voir venir. Toujours pris de court, après avoir vu pendant deux ans poindre la reprise, le président découvre un « danger d’enlisement des économies européennes dans la stagnation ». Tentant de tenir tête à Angela Merkell, il veut réorienter l’Europe vers une politique de croissance. Par forfanterie, lors du sommet de la zone € fin octobre, il rejettera l’idée de réformes trop rapides pour la France pour « ne pas casser la reprise ». Sans rire!

François Hollande projette des économies pour l’état de cinquante milliards dont personne ne comprend d’où elles vont venir. L’Allemagne se contentera-t-elle encore de déclarations d’intention? Les tensions séparatistes outre Rhin ne vont-elles pas obliger la chancelière à durcir le ton? Un clash est-il possible? Le président français se rassure en déclarant que « l’Europe a besoin de la France ». Surement, mais pas à n’importe quelles conditions! Avec une dette correspondant à la totalité de la richesse nationale, l’arrivée en France de la fameuse troïka avec ses mesures sanglantes n’est décidément plus très loin.

Frédéric Le Quer


 

 

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