Le compassionnel

Par Vendredi 26 septembre 2014 Permalink 16

Après l’assassinat de l’alpiniste français en Algérie, le grand cirque compassionnel n’a pas tardé. La gauche s’est faite une spécialité de ces rassemblements « populaires » dans lesquels les bons sentiments doivent dégouliner comme la confiture sur une tartine. « Non à la Barbarie »,  « Paix au Vietnam », non c’est fini, ça, « Nous sommes tous des sales français » et des juifs allemands… Non, non là faut pas pousser! On ne peut pas faire dire ça à des arabes!

Le protocole compassionnel est un traitement médical testé sur un malade quand tout a déjà été tenté. Une nouvelle molécule, de nouveaux soins jamais essayés, pour voir, se laisser une chance, espérer… Pour la société française, le parallèle saute aux yeux. Le communautarisme s’y développe comme jamais, les diverses populations ont entre elles de moins en moins de contacts. Les risques de conflits ethniques vont croissant malgré une propagande gouvernementale relayée avec la plus grande application par les médias pour nous expliquer que,  je site ce beau slogan pondu par un publicitaire bien cocaïné,  « ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise »! Rien que ça!  Pas sûr du tout pourtant… La crise identitaire est chevillée au corps de la France du XXIe siècle.

Cependant les associations de tout poil largement subventionnées par l’état profitent, oui c’est le terrible mot, le seul qui convient vraiment, profitent d’une tragédie pour faire passer leurs idées le plus souvent à rebours de celles des français. C’est l’occasion de faire passer des vessies pour des lanternes, c’est l’occasion de manipuler l’opinion publique, c’est l’occasion d’avancer ses pions…

Toute une population se doit de s’émouvoir après une catastrophe ou un crime horrible. Dans le cas de l’otage français, plus les gens sont ethniquement proches des bourreaux, plus il est de leur devoir de se scandaliser haut et fort. Se frapper la poitrine, s’arracher les cheveux, hurler en pleurant dans les micros tendus font toujours de bien bien beaux reportages sur l’unité nationale. La sincérité n’est pas la question! Si la famille ou les amis de la victime sont complaisants, ils sont placés en tête d’un cortège accompagnés de jeunes gens graves qui se tiennent l’un contre l’autre. Une fleur à la main est toujours un plus. Les journaux télévisés offrent ainsi d’absurdes images.

Mais le compassionnel reste inopérant. Il est l’illusion d’une société qui se paie de mots. Comme « le Protocole compassionnel » de Hervé Guibert le prépare à la mort, la France risque de s’éteindre pour s’être trop dispersée. Cette fausse unité nationale qu’on veut nous vendre depuis quelques jours est un leurre. La France est profondément divisée et le meurtre atroce d’un homme en Kabylie n’y changera rien.

Frédéric Le Quer


 

 

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