CETA: un déni de démocratie

Par Mercredi 2 novembre 2016 Permalink 1

Le 4 décembre prochain aura lieu le deuxième tour des présidentielles en Autriche. L’avantage va à Norbert Hofer au grand dam de l’Union Européenne. Celui-ci, s’il est élu, organisera un référendum sur l’approbation du traité de libre échange avec le Canada avant de le valider ou de l’invalider. Le coup de gueule wallon n’était qu’une banderille.

Les référendums sont une plaie pour la mondialisation. L’acceptation qu’une multinationale puisse contester juridiquement les décisions d’un gouvernement élu démocratiquement va à l’encontre du bon sens, va à l’encontre de la démocratie. C’est pourtant ce que le CETA stipule et c’est ce que le TTIP (l’accord de libre échange avec les Etats Unis) stipulera bientôt. Pire, si un état revient sur ce qu’il avait envisagé de faire et si cette décision va à l’encontre des intérêts d’un groupe, ce dernier pourra attaquer l’état pour les bénéfices qu’il aurait éventuellement perçus et qu’il n’a pas engrangés suite au revirement en demandant des dommages et intérêts. Les états sont pieds et poings liés face aux multinationales avec la bénédiction des partis européens qui dirigent. Ils abandonnent la souveraineté populaire au profit d’intérêts privés.

Du coté du groupe de Visegraad (la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie) sourcilleux sur le plan de leur souveraineté, les avis sont partagés. En Hongrie par exemple le gouvernement est favorable au traité mais les députés rechignent à le signer. Mais il y a aussi en Europe tous ces leaders politiques défavorables à l’accord qui approchent de plus en plus du pouvoir sans encore y accéder. Hofer en Autriche n’en est plus très loin d’après les sondages. Un axe de l’allemande Frauke Petri à Marine Le Pen est envisageable. Les italiens se rebiffent. L’Espagne est en cours d’implosion. Les danois comme les allemands manifestent en masse contre l’accord de libre échange. En vain pour le moment. Tout cela montre à quel point des décisions prises à Bruxelles le plus rapidement possibles, engageant irrémédiablement les populations sont de plus en plus illégitimes.

Les français n’ont pas l’honneur d’être vraiment informés sur la question. PS et LR ont décidé de mettre une chape de plomb. Les français savent-ils qu’il y a deux ans Poutine proposait à Merkel et Hollande une grande zone de libre échange de la Bretagne à l’Oural? Nos dirigeants qui préfèrent la guerre à la paix ont évidemment rejeté toute possibilité de négociation. Géo-politiquement cela avait pourtant du sens…

Frédéric Le Quer