Inattendu mouvement des bourses

Par Mercredi 15 novembre 2017 Permalink 3

D'après l'institut allemand de recherche économique appelé IFO, le climat des affaires est au plus haut dans le monde. Les chefs d'entreprise en ont fini avec un pessimisme récurrent qui durait depuis la crise de 2008. Parallèlement à cette information largement diffusée puisque insuffler de l'optimisme est devenu un devoir d'état, les bourses européennes baissent depuis une semaine et même l'IFO qui s'émerveille encore de voir en 2017 la croissance européenne, tirée par les pays du nord de l'union, peut-être dépasser celle des Etats Unis, n'y peut rien. Mais les informations de l'institut divulguées généreusement au bon peuple n'ont d'intérêt que pour lui et certainement pas pour les financiers. Depuis un flash krach au Japon (une baisse de quelques minutes de 1,7 %, rien de bien méchant mais dans un monde guidé par les banquiers centraux où tout doit être plat, c'est devenu beaucoup) le 9 novembre récupéré à temps avant la fermeture de la séance, les actions baissent, particulièrement en Europe. A chaque fois la bourse clôture plus bas qu'elle n'a ouvert et le CAC de passer en quelques jours de 5 530 points à 5 315 pts. Ce qui est aussi intéressant, c'est le constat frappant que l'obligataire n'est ...

Paradise Papers

Par Lundi 6 novembre 2017 Permalink 3

Il y eut OffshoreLeaks en 2013 (Portcullis, une fiduciaire singapourienne), Luxleaks (Price Waterhouse) en 2014, SwissLeaks (HSBC) en 2015, Panama Papers (données venant de Mossack Fonseca, cabinet d'avocats) en 2016 et maintenant Paradise Papers, 13,4 millions de documents confidentiels venant du cabinet d’avocats des Bermudes Appleby et, dans une moindre mesure, de la fiduciaire Asiaciti Trust. A chaque fois, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung reçoit de la part d'un lanceur d'alerte une montagne d'informations et la redistribue à ses confrères qui participent au tri. Il en ressort un système de corruption massive généralisée. Néanmoins, il apparaît avec l'expérience que les fraudeurs ne risquent pas grand chose alors que le lanceur d'alerte ne bénéficie d'aucune protection juridique qui aurait pu, dû, être mise en place par les gouvernements. Sa vie devient un enfer. Beaucoup d'organes d'"information", le plus souvent propriété de milliardaires, se désintéressent de la question, la finance, la politique, les médias ne faisant plus qu'un. L'anecdote croustillante se substitue alors à une analyse en profondeur de notre société, de la démocratie. La reine d'Angleterre, le monde du foot, de la F 1, des tops model, des dirigeants politiques, allant d'un ministre de l'un des pays les plus pauvres du monde, ...

Un front syndical dépassé par la base

Par Mercredi 25 octobre 2017 Permalink 1

Toujours pas de front syndical commun, lors de la quatrième journée de mobilisation, le 16 novembre cette fois, avec Force Ouvrière, Jean Claude Mailly y étant obligé par sa base (il va raté son poste au conseil économique et social et sa retraite chapeau si ça continue!!!). 4 journées de manif en 2 mois! A quoi ça ressemble? La première, le 12 septembre, ( http://politiqart.com/les-faineants-place-ditalie/ ) avait été réussie mais cela n'incita nullement les syndicats à poursuivre alors qu'on sentait bien les gens partis pour accélérer le mouvement. Au lieu de créer un vrai mouvement populaire, ils se contentent d'une journée de défilé dans la rue par ci, par là, de manière totalement décousue, faisant perdre tout fil conducteur aux citoyens prêts à s'engager. C'est tout juste si les leaders syndicaux osent critiquer les ordonnances de la loi travail; ils préfèrent s'en tenir à fustiger vaguement la politique libérale du gouvernement et parfois aussi se fendent d'un texte de mise en garde, du genre "retenez-moi ou je fais un malheur!" que personne ne lit et qui part directement aux chiottes! Et pourtant! Pourtant! La politique patronale du gouvernement risque de ne servir strictement à rien, en admettant qu'elle soit sincère, pour ...

Suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune

Par Mardi 10 octobre 2017 Permalink 2

Aujourd'hui débute la phase d'examen par la commission des finances de l'assemblée nationale du projet de loi de finances 2018. La réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune qui deviendra un impôt sur la fortune immobilière est emblématique. Au dogme gouvernemental de la réduction des dépenses publiques se conjugue "des cadeaux fiscaux aux groupes âgés et fortunés qui ont déjà beaucoup prospéré ces dernières décennies", dixit Thomas Piketty. Le cadeau fiscal de cet année consiste donc à ne pas comptabiliser les biens mobiliers (peut-être à l'exception des signes ostentatoires de richesse qui ne sont en fait que le haut de l'iceberg) dans la fortune des millionnaires-milliardaires. Leur richesse étant principalement constituée de cette sorte de patrimoine, c'est tout bénef! Non seulement les dividendes perçus sur les actions ne cessent de croître au point dans certains cas de piller ni plus ni moins l'entreprise support, mais dorénavant ce qui donne droit à ceux-ci, le capital, est sanctuarisé. Les dividendes devenant du capital, celui-ci n'en finit pas de grossir. L'exigence de sa rémunération pousse les entreprises à moins investir qu'elles le devraient, à emprunter compte tenu des taux très bas dont elles bénéficient, à diminuer constamment la masse salariale pour améliorer les ...

Demain, la grève

Par Lundi 9 octobre 2017 Permalink 1

Les fonctionnaires à l'appel de leur organisation syndicale feront grève demain. CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et Autonomes appellent ensemble, pour la première fois depuis dix ans à cette contestation. Au préalable, ce soir à 18 h, la CGT a invité «toutes les organisations syndicales et de jeunesse» à son siège à Montreuil, en région parisienne. Il s'agit de «réfléchir» à une nouvelle journée de mobilisation syndicale contre les ordonnances. FO, la CFE-CGC, la CFTC et Solidaires y seront. Le conflit entre le gouvernement et les gens qui ne sont rien s'organise donc. Quelques soient les raisons corporatistes qui feront lever les salariés, c'est toute une appréhension de la société actuelle qui est en cause. La seule question est de savoir si les dirigeants économiques peuvent continuer à inflater le capital, i. e. continuer à rendre de plus en plus chers les actifs mobiliers qui enrichissent exponentiellement les plus riches et en parallèle demander des efforts financiers à tous les autres, les pressurer, accroître leurs impôts, diminuer leurs revenus, les jeter dans une insécurité qui de fait les rend de plus en plus serviles de peur d'être dans une situation encore pire, d'accepter des jobs d'indépendants sans protection ...

Et en même temps, quoi?

Par Jeudi 7 septembre 2017 Permalink 3

Le syndrome jupitérien du "et en même temps" s'était entendu comme une manière de contrebalancer chaque décision de l'exécutif un peu rude par une mesure allant dans le sens de l'intérêt de la population. Pendant qu'Emmanuel Macron devait garantir une bonne gestion des deniers publics, le pouvoir d'achat des français devait être sauvegardé. Un coup de yin et un coup de yang! Pour cette rentrée, le président charge la barque d'un seul coté et la liste s'allonge: La forte diminution des emplois aidés qui reste en travers de la gorge des collectivités locales, la première baisse de l'APL qui en présage d'autres, l'augmentation de la CSG que les retraités vont devoir supporter, la précarisation des salariés avec des cdd possibles presqu'à vie ou des licenciements économiques qui n'ont plus guère besoin d'être justifiés, un pouvoir quasi unilatéral donné au chef d'entreprise et maintenant la suppression du très avantageux régime de retraite des cheminots. N'oublions pas non plus la grogne de l'armée qui demeure vivace! Si avec tout ça, les manifestations contre le pouvoir prévues en septembre ne font pas le plein, c'est que notre pays a bien changé! Assiste-t-on au suicide en direct de Macron? Non pas que certaines mesures ne ...

La flexibilité

Par Lundi 4 septembre 2017 Permalink 1

La flexibilité des salariés recherchée par la loi travail fait le pari de la reprise économique, de la reprise de la consommation, d'une inflation vivifiante. Cette réforme tend à installer le phénomène inverse à celui des tente glorieuses où l'employé qui en avait marre de sa boite la quittait pour en trouver une autre le lendemain. On cherche dorénavant à ce qu'une entreprise qui en a marre d'un salarié puisse le congédier rapidement pour en trouver un autre le lendemain. Les ressorts de cette philosophie sont totalement artificiels. Au lieu d'être la résultante naturelle d'une croissance économique dynamique, ils sont promus lors d'une croissance molle avec dans le cadre de la mondialisation une quantité de main d'oeuvre infinie. La loi entraînera d'abord forcément plus de licenciements, vu que ceux-ci sont plus faciles. Mais est-il possible qu'après il y ait plus d'embauche en faisant sauter un verrou psychologique correspondant à la peur du patron de ne plus pouvoir se débarrasser de son employé? Peut-être. Est-ce que cela peut résorber le taux de chômage? Non, forcément non, compte tenu de la main d'oeuvre gigantesque due à l'immigration. Est-ce que cette réforme est faite pour résorber le taux de chômage? Bien sûr que non. ...

Philosophie de la loi travail

Par Vendredi 1 septembre 2017 Permalink 3

Avant tout voici le lien pour connaitre les cinq ordonnances de la loi travail: http://www.gouvernement.fr/les-ordonnances-pour-renforcer-le-dialogue-social Connaitre est un bien grand mot, tant le texte est illisible. Seuls des spécialistes du droit du travail et quelques syndicalistes connaissant leur affaire sur le bout des doigts y comprendront quelque chose. Quant aux autres, sauf à avoir le temps de passer plusieurs jours à cette lecture, ils devront se faire une idée sur ce qu'on leur dit, en fonction de leurs opinions politiques, de leur gout pour tel ou tel commentateur, tel ou tel média. En fait le contenu de cette future loi est très technique, les détails sont légions. Peut-il y avoir une interprétation stricte de ce texte? La jurisprudence va sans doute jouer un grand rôle et il se passera des années avant qu'elle ne soit fixer. Alors il reste une philosophie, celle voulue par le deus ex machina, Emmanuel Macron, et le deus ex machina a choisi, pour façonner les ordonnances, Mme Pénicaud, enrichie chez Danone grâce à des suppressions d'emplois. Cela en dit long. Cela dit tout. Liberté et mondialisation. La liberté est certainement le concept le plus implacable vis à vis des faibles, celui qui les laisse sur le carreau ...

Le macronisme

Par Mercredi 30 août 2017 Permalink 2

Le macronisme dévoile lors de cette rentrée l'idéologie qui le sous-tend. Le discours d'Emmanuel Macron hier à l'Elysée devant les ambassadeurs convient en substance que si l'islam est un ensemble, l'islamisme est un élément de cet ensemble, une partie de l'islam. Cette évidence n'a jamais été affirmée par François Hollande. Comble de l'audace (!), il rajoute islamiste au mot terrorisme, montrant par là qu'il n'a pas peur du réel! Après avoir admis que Bachar participe aux négociations de paix au moyen-orient, c'est un certain tournant auquel on assiste, dans la diplomatie française. Les moins difficiles s'en féliciteront. Néanmoins, l'observateur ne peut que s'inquiéter de la nomination le même jour pour la communication présidentielle d'un grand lèche-babouche devant l'éternel. Mitterrandiste béat, Mitterrand reste le premier à avoir grand ouvert nos frontières dès 1981, ce personnage attend l'élection future d'un musulman à la tête de la France. Si ça, ce n'est pas du remplacisme... Mais ce remplacisme fait partie du macronisme. Sur le plan économique, l'idéologie du président se place résolument en faveur des entreprises, pas du petit entrepreneur, mais des grandes entreprises. Le but in fine de la loi travail est de faire baisser les coûts salariaux ce qui est inévitable ...

Le medef se rassemble

Par Mardi 29 août 2017 Permalink 10

Les universités du medef débutent aujourd'hui. Le président Macron élu grâce au mouvement des entreprises de France ne viendra pas. Ni le premier ministre, dont personne ne connait encore le nom, ni la ministre du travail dont on connait un peu le nom, Pénicaud, à cause de son enrichissement dû aux suppressions d'emplois chez Danone, ne viendront non plus. Il reste néanmoins une cohorte de douze ministres, seconds couteaux, qui fera le déplacement. Nous n'aurons donc pas droit aux grandes déclarations d'amour d'un Ayrault ou d'un Valls envers les entrepreneurs. Pas besoin. Les actes en disent assez long. La grande loi Travail est sur le point d'être connue. Gattaz aidé par les think tank ultralibéraux omniprésents médiatiquement jette ses dernières forces dans la bataille. Tous ces gens n'ont plu qu'un mot à la bouche: DE-RE-GU-LA-TION! Et si ce n'est pas assez clair, le président du medef rappelle: "La réforme du code du travail doit aller loin... Comme prévu!". Reconnaissons à Emmanuel Macron qu'il n'a pas caché ses intentions. De là à dire qu'il a été élu pour ça, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas puisqu'à notre avis, il est à l'Elysée en désespoir de cause. Mais ...