Blanche Hoschedé-Monet (1865-1947)

Par Samedi 23 septembre 2017 Permalink 1

Blanche Hoschedé-Monet, l'ange bleu comme la surnommait Clémenceau, est deux fois la belle fille de Claude Monet. D'abord parce qu'elle est la fille qu'Alice Raingo a eu de son premier mari avant de se remarier avec Claude Monet et ensuite parce qu'elle a épousé le fils du fondateur de l'impressionnisme. Enfin il existe un troisième lien plus personnel avec son beau-père quand elle devient, une fois veufs tous les deux, la maîtresse de maison de celui-ci et qu'elle accueille avec charme les visiteurs de Giverny. Quand on a dit cela, on n'a pas pour autant résumé la vie de Blanche Hoschedé-Monet; elle est aussi une grande artiste aujourd'hui reconnue des amateurs d'art. Pendant l'été de ses dix-sept ans, elle aborde la peinture en portant l'attirail du maître. Ce dernier lui découvrira plus tard du talent et observe ses progrès du coin de l’œil sans trop lui donner de leçons se bornant à lui dire de reproduire de qu'elle voit. Forcément inspirée par Claude Monet, ses œuvres s'attachent à rendre la lumière changeante au quotidien de son environnement fait de jardins et de rivières. Ses propres qualités permettent de découvrir dans ses tableaux autre chose qu'une pâle copie de ceux de son ...

Truphémus, Jacques ( 1922-2017)

Par Dimanche 17 septembre 2017 Permalink 1

Jacques Truphémus est décédé la semaine dernière à l'âge de 94 ans. L'artiste peintre fait ses études à Lyon pendant la guerre et participe ensuite au mouvement intitulé sanzisme (sans isme), né dans cette ville, qui rejette les courants artistiques. Ces jeunes artistes ( Jacques Truphémus, André Cottavoz, Jean Fusaro, Henri Lachièze-Rey, Simone Gambus, Henri Castella...) refusent de trancher entre abstraction et figuratif et privilégient la matière dans une veine lyrique ou géométrique avec une palette riche aux pigments colorés. Alors qu'un portait ou qu'un paysage soit traité, tout devient affaire d'atmosphère, de rayons de lumière vaporeuse, de formes suggérées dans de subtiles nuances de couleurs. Jacques Truphémus n'est pas le moindre des représentants de cette école lyonnaise. Très tôt dans sa carrière les musées de Genève et de St Etienne lui achètent sa peinture. Le musée des Beaux-Arts de Lyon lui dédie un accrochage en 1986, en 2012 puis en 2013. Une grande rétrospective a lieu à Villefranche-sur-Saône en 2004 au musée Paul Dini. A Paris, la galerie Claude Bernard le représente. Aussi les passages en ventes publiques de Jacques Truphémus sont toujours remarqués. Dernièrement, le 1er juin à Lyon, chez De Baecque & associés ovv, le tableau en une intitulé ...

Takis (né en 1925)

Par Samedi 16 septembre 2017 Permalink 1

Grand rénovateur de la sculpture du XXe siècle, Panayotis Vassilakis, alias Takis, est un artiste grec travaillant aussi en France où il arrive en 1954, qui s'attache à simplifier les formes à la façon de Brancusi, à les étirer à la manière de Giacometti. Dès 1955 il crée ses fameux signaux lumineux qui lui valent sa renommée internationale. Les habitués du quartier de La Défense à l'ouest de Paris connaissent son installation de 1988, appelée "Le bassin", faite de 49 tiges métalliques, d'une hauteur variant entre 3,5 et 9 m. Leurs extrémités sont munies de formes géométriques colorées et de feux clignotants de couleurs diverses. Cette veine, caractéristique du travail de Takis, se retrouve fréquemment en salle des ventes comme le signal lumineux en une composé de deux yeux, bleu et rouge, sur une tige métallique qui pour une hauteur de 227 cm fut vendu environ 8000 € frais compris chez Cannes enchères svv le 12 juillet 2014 et qu'on retrouvait cet été, le 25 juin, haut cette fois de 178 cm à Chatou chez scp Vincent Dragon avec une estimation entre 6000 et 8000 €. En 1993 au musée du Jeu de Paume et en 2015 au Palais de Tokyo, ...

Albert André (1869-1954)

Par Samedi 9 septembre 2017 Permalink 1

Albert André a rapidement été un peintre reconnu de l'écurie Durand-Ruel, avant d'être une figure de la scène artistique française. Grand ami de Renoir à qui il consacre une biographie, l'écrivain, l'illustrateur, le décorateur dirige à partir de 1917 le musée de Bagnols-sur-Cèze qui devient sous son impulsion la première institution provinciale d'art contemporain. Si l'artiste se lie en début de carrière aux nabis (palette aux couleurs pures, une vision exagérée des formes), la guerre de 14-18 voit Albert André, échappant aux évolutions artistiques du fauvisme, du cubisme et de l'abstraction, se tourner vers un réalisme aux figures silencieuses avec des scènes intimistes ou des natures mortes aux tonalités subtiles. Sur le plan personnel, Albert André est né à Lyon. Il se marie en 1905 avec une femme peintre, Marguerite Cornillac. A partir de 1924, il prend pour modèle Jacqueline Brétégnier qui devient d'abord sa maîtresse avant que le couple officiel ne l'adopte et qu'elle devienne leur fille adoptive. Il meurt à Laudun dans le Gard. Albert André dont une grande partie de la production se trouve aux Etats-Unis, ne fait pas partie des post-impressionnistes les plus prisés. 2017 enregistre néanmoins quelques beaux résultats aux enchères le concernant. Notons d'abord l'huile sur papier ...

Eugène Boudin (1824-1898)

Par Samedi 26 août 2017 Permalink 1

Les tableaux d'Eugène Boudin surnommé "le roi des ciels" par Jean Baptiste Corot contribuent à la naissance des œuvres impressionnistes. Le peintre est obnubilé par la lumière et ses touches portées sur la toile de manière de plus en plus vives au fur et à mesure de sa carrière, contribuent à capter l'instant, un moment d'éclairage entre rayons de soleil, stratus et cumulus. La ferme Saint-Siméon, auberge des hauteurs de Honfleur dans laquelle Eugène Boudin est le premier à prendre ses habitudes à partir de 1854, va un peu jouer le rôle du Bateau-Lavoir un demi siècle plus tard. Cette ancienne léproserie, aujourd'hui hôtel de luxe, voit débarquer à cette époque la fine fleur de ce qu'on appellera plus tard les impressionnistes. Monet, caricaturiste à l'époque, se laisse embarquer par son mentor séduit par son coup de crayon, pour peindre avec lui sur le littoral. La soif de lumière d'Eugène Boudin va ainsi contaminer une jeune génération d'artistes qui formeront l'un des plus importants mouvements de l'histoire de l'art. Autant dire qu'avec de telles références, Eugène Boudin est un peintre très prisé. Des résultats élevés viennent saluer sa présence fréquente dans les ventes à l'encan. Rien qu'entre mai et juillet dernier, ...

L’Assomption, l’Ascension, la Pentecôte et l’art…

Par Mardi 15 août 2017 Permalink 1

Si l'ascension marque l'élévation de Jésus Christ quarante jours après Pâques, l'assomption (en une Rubens) fête l'élévation corps et âme de la vierge Marie. Dans l'iconographie chrétienne Jésus monte seul au ciel. (ci-dessous, l'ascension du Christ par Giotto (1266,67-1327)) Orthodoxes, catholiques, protestants célèbrent ce moment qui annonce la venue du Saint Esprit. La Pentecôte, fête du St Esprit (ci-dessous, Pentecôte par Isaac Fanous (1919-2007)) est devenue un moment de plus en plus célébré en Amérique du sud et en Afrique du fait principalement que dieu ne s'incarne pas en mâle de type occidental aux yeux bleus mais souvent en colombe. Dans le calendrier vient ensuite l'Assomption. La Vierge Marie ne s'élève pas toute seule à l'inverse de Jésus. Elle est portée, presque kidnappée par Dieu à l'aide d'anges ou de nuages. (ci-dessous l'assomption de la Vierge de Nicolas Poussin) Elle ne meurt pas. Elle monte au ciel. Seuls les orthodoxes et les catholiques croient en ce moment fantastique. Toute cette histoire s'est légitimée par le culte des images rendu possible grâce au concile de Nicée de 787. Le concile de Trente de 1542 à 1563 va inciter un peu plus les artistes à représenter les saints et la vierge Marie avec le ...

Man Ray (1890-1976)

Par Dimanche 13 août 2017 Permalink 1

En plein cœur du Paris de l'après première guerre mondiale, Man Ray débarque d'Amérique et est immédiatement adopté par les dadaïstes et plus tard le groupe surréaliste. Ses amis s'appellent Duchamp, Picabia, Derain, Utrillo, Breton, Tzara, Aragon, Eluard... L'artiste éclectique passe de la peinture à la photographie, fait des collages avec du bois, des journaux, avec même un jour un fer à repasser (l'oeuvre aurait été dérobée par le poète Philippe Soupault!), tente ce qu'il nomme des rayographies en posant des objets sur du papier sensible aux rayons lumineux et en allumant la lumière à l'improviste au bout de quelques secondes. Son studio de photographie voit passer toute la jet set: "C'était comme une gare!" dixit Man Ray. Ce public chicissime paye très cher les portraits qu'il tire de lui. Man Ray est actuellement très présent en salle des ventes, sans doute parce qu'il y est particulièrement bien prisé. L'album in-4°(en une), intitulé "Champs délicieux", de douze rayographies, exemplaire 40/40 de 1922 avec signature et envoi autographe trouve le 24 juin dernier preneur à Montluçon chez Sylvie Dagot ovv pour 144 000 € frais compris. Une édition turinoise de 1972 de "Revolving Doors", un in-folio en feuilles illustré de dix pochoirs en ...

Philippe Hiquily (1925-2013)

Par Samedi 5 août 2017 Permalink 1

Résistant pendant la guerre, Philippe Hiquily s'inscrit aux beaux-arts à son retour d'Indochine et opte pour une démarche figurative. Autour de lui se retrouvent les grands noms de la foisonnante scène artistique française de l'époque comme Germaine Richier, Muller, Tinguely, Niki de Saint Phalle, César... Le sculpteur met en scène des figures féminines avec des volumes ovoïdes ou filiformes dégageant un érotisme libéré et joyeux. Ses insectes monstrueux séduisent aussi le public dans les années 70. En 1959 il obtient le prix de la critique à la Biennale de Paris. Ses œuvres sont exposées partout dans le monde, au centre Pompidou, aux musées d'art moderne à St Etienne ou à La Havane, au musée d'art contemporain de Montréal, au Hirshhorn museum de Washington, au Guggenheim de New York, etc, etc... Dans les ventes aux enchères ses fortunes sont diverses. Rocking chair, ci-dessous par exemple à patine dorée et métal, pièce unique créée en 1986 33 x 41 18 cm ne trouve bizarrement pas preneur aussi bien le 9 octobre 2014 à Marseille avec une estimation entre 40 et 50 000 € qu'à Doullens le 17 mars 2017 avec une estimation revue à la baisse entre 30 et 40 000 €. Néanmoins ...

Sené, Jean-Baptiste Claude (1748-1803)

Par Samedi 29 juillet 2017 Permalink 1

Jean Baptiste Sené est LE menuisier de l'époque Louis XVI, à l'égal de Jacob mais plus sobre, plus discret, plus "racé" pour reprendre le mot de Pierre Kjellberg dans son ouvrage de référence "Le meuble français". Les sièges de Sené ont souvent été attribués à Jacob puisque, fournisseur attitré du Garde-Meuble royal, il lui était loisible de ne pas tous les estampiller. Les recherches permettent aujourd'hui de rendre à César ce qui appartient à César. Jean Baptiste Sené prédestiné par sa lignée familiale à devenir ce qu'il devient, est reçu maître le 10 mai 1769. De son atelier 118, rue de Cléry, à l'enseigne du "Gros chapelet", sortent de nombreux sièges faits en collaboration avec des sculpteurs et des doreurs. C'est un travail d'équipe auquel Sené donne le la, grâce aux formes pures, robustes, vigoureuses qu'il impose. Son talent se situe dans ses proportions parfaites et un raffinement extrême, "sans éclats tapageurs". En une, le fauteuil, visible galerie Gismondi, dénote "l'équilibre des formes, la finesse et le variété des décors". Remarquez les petits chapiteaux ioniques en haut des pieds! En 2011 la Bergère ci-dessous fit 247 840 € chez de Maigret svv à Drouot. Elle porte l'estampille de Sené et l'étiquette déchirée ...

Jean Royère (1902-1981)

Par Samedi 22 juillet 2017 Permalink 1

Jean Royère est un décorateur français dont la carrière se déroula à la fois entre les deux guerres mondiales et après la seconde. Il aménage le bar du Carlton sur les Champs Elysées en 1933. Dans les années 50 il devient le décorateur attitré des élites du moyen-orient. Tout réussit à cet homme né dans un milieu aisé. Et 36 ans après sa mort, il continue à défrayer la chronique des salles de ventes aux enchères. Si ses meubles ont toujours valu très cher, les prix par exemple en 2012 le 17 octobre chez Vincent Fraysse pouvait être encore... Enfin jugez plutôt! Dans l'image en une (gazette Drouot n°35 du 12 octobre 2012) l'enfilade au fond, chêne vernissé, 3 portes, dalles de verre bleu dur, pied en toupie (larg 230 cm) fit 37 200 €. La table à plateau en verre bleu dur(diam 120 cm) et les 4 chaises firent 24 800 €. La table basse à droite qui va avec l'ensemble fit 8 060 €. Enfin la paire de fauteuil (un au premier plan) fit 11 780 €. En 2017 Jean Royère est très présent sur la scène française et à l'Hotel Drouot qui ne se contente pas, au niveau record, ...