Canard enchaîné: après les diamants, Pénélope

Par Jeudi 26 janvier 2017 Permalink 3

Le scud envoyé contre François Fillon est meurtrier non par ce qu’il révèle en soi mais à cause du positionnement du candidat. Evidemment « Le canard enchaîné » se laisse, de bonne grâce, instrumentaliser. Si le coup est pour dégager une glorieuse voie appienne à Emmanuel Macron, il est néanmoins risqué pour les tenants de la mondialisation car la tempête souverainiste se lève actuellement et emporte tout sur son passage.

Macron, le candidat des banques, le digne héritier de François Hollande qu’il a servi jusqu’à l’été dernier, celui qui exige des travailleurs d’enfiler un costard et de se mettre au boulot, le ministre qui s’est peut-être servi de l’argent de l’état à des fins personnelles pour entamer sa campagne électorale, voit ainsi plier son concurrent au positionnement politique assez équivalent. Mais la bataille de la présidentielle ne se livrera pas entre deux mondialistes, entre deux partisans de la même vision du monde à quelques nuances près. La bataille se jouera entre un mondialiste et une souverainiste. L’establishment croit dur comme fer que Marine Le Pen n’a aucune chance et choisit Macron contre Fillon. C’est avoir la vue courte, c’est ignorer le raz de marée démondialiste qui traverse la planète.

Marine Le Pen place ses pions, se rapproche des mouvements européens semblables au sien. Sans avoir commencé sa campagne, sa crédibilité se renforce et elle a su faire taire les voix inharmonieuses venues de son camp. En France, elle n’a pas d’adversaire souverainiste à sa taille. Dupont Aignan, la grande déception, est à côté de la plaque, Henri Guaino qu’indubitablement on aime bien ici, n’a pas suffisamment la gnaque. Alors l’exécution en règle du « Canard enchaîné » lui profite largement. Si Fillon était hors jeu, on n’en est pas encore là, Marine Le Pen a largement les moyens de remporter son duel contre Macron.

Plus que jamais, l’élection présidentielle française est incertaine.

Frédéric Le Quer