Le budget de la France met en péril l’€

Par Jeudi 2 octobre 2014 Permalink 12

Il se joue actuellement en Europe une partie que la France est loin d’avoir déjà gagné. Le budget proposé pour 2015 par le gouvernement est une gifle envoyée à toute l’Europe et à ses pactes et traités. En cherchant à tordre le bras de l’Allemagne, notre gouvernement parie qu’Angela Merkell, devant le fait accompli, se contentera de lever les épaules avec une certaine indifférence. Rien est moins sûr!

Non seulement le manque d’ambition du budget concernant la réduction des déficits est patent, mais en plus celui-ci ose se baser sur une croissance annuelle de 1% dors et déjà impossible à réaliser, sauf écroulement de la valeur de l’€ mais on n’imagine pas les US laisser faire. Les politiciens français, pour qui la dissimulation est partie prenante de leur activité, ont pris l’habitude de raconter n’importe quoi à leurs électeurs et par extension, par habitude montrent qu’ils se soucient comme d »une guigne de la parole donnée, des engagements pris vis à vis du reste de l’Europe et en particulier des allemands. Quand le mensonge devient une seconde nature, le menteur ne se rend plus compte de la portée de ses dires.

Nos gouvernements successifs trompent, taisent, déguisent la vérité à la population française depuis longtemps. Le dernier de Manuel Valls espère pouvoir agir pareillement avec la chancelière allemande. Par forfanterie, l’un des ministres, Michel Sapin, intime à la BCE l’ordre de prendre ses responsabilités! L’homme qui ne manque pas de culot propose même qu’elle prenne exemple sur la France! Evidemment c’est un clown guère écouté dès qu’il a quitté la rue de Solférino.  Son irrésistible désir de voir un QE à l’Européenne malgré les résultats mitigés de la FED qui ne sait pas comment sortir des taux 0 et malgré ceux très mauvais du Japon est le choix pour l’Europe d’une voie d’autant plus précaire qu’une bonne moitié des pays refusent de la prendre.

Vivre avec un budget déséquilibré en empruntant d’un coté et en imprimant de la monnaie de l’autre est une solution qui a pour corollaire une inflation élevée. Favoriser le travail et appauvrir le rentier est dans le cadre français un moyen de retrouver de la compétitivité et par là de la croissance. Mais la logique s’impose alors, il faut sortir de l’€. D’ailleurs les allemands n’hésitent plus à déclarer haut et fort comme pour s’affranchir du clash à venir que la politique française le met en danger.

Le gouvernement français procrastine systématiquement et apparemment cherche l’accentuation du pourrissement de la situation économique européenne pour s’exonérer d’avoir à décider de réformes. L’Allemagne cesse de regarder vers l’ouest et consolide ses intérêts avec l’Europe centrale. La dislocation de la zone € est proche et seule l’intervention américaine par l’intermédiaire de Mario Draghi peut encore l’empêcher. Mais Jens Weidmann, le président de la Bundesbank,  qui affirmait en août que « Paris devait donner le bon exemple budgétaire » n’est absolument pas prêt à d’autres concessions que celles déjà arrachées par la BCE.

Les semaines qui viennent seront cruciales pour l’avenir d’une zone € à l’agonie. C’est paradoxalement la crédibilité de la politique allemande qui est en jeu. Si Angela Merkel accepte sans broncher les provocations françaises, c’est sa stature et celle de son pays à l’internationale comme sur le plan intérieur qui sera mise à mal.

Frédéric Le Quer


 

 

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