Bruxelles se caricature

Par Lundi 13 juillet 2015 Permalink 21

Si le ridicule tuait ce serait un vrai massacre à Bruxelles actuellement! Le moyen trouvé pour maintenir la construction européenne en l’état a été une négociation à n’en plus finir entre les plus hauts dirigeants de chaque pays d’Europe. Et ceux-ci de parler du taux de TVA, de mise en hypothèque de biens publics grecs, de privatisations… Et de mettre des chiffres… Et d’imposer des dates…

Plus aucun souffle épique n’existe donc dans l’Union Européenne. Plus aucune ambition fondamentalement intellectuelle n’est possible. Plus aucune cohésion sincère, fraternelle entre les nations n’est à espérer. Quand des gens bataillent pour se partager les petites cuillères et les assiettes, la preuve est faite qu’entre eux plus rien n’est en commun. La zone € malgré l’accord à l’arraché décidant uniquement des conditions pour chercher un éventuel autre accord plus tard est donc sur la voie du délitement. Mais les caciques cachent encore la poussière sous le tapis. C’est la volonté française qui s’est trouvée l’étonnante mission de maintenir la Grèce dans l’€. Alors, les autres imposent des conditions de plus en plus drastiques, celles subies par les pays battus après une guerre meurtrière, celles voulues par les gagnants pour venger leurs morts. Leurs morts ici c’est leur argent qu’ils ne reverront jamais, que nous ne reverrons jamais. Aucune banque ne paiera, aucun milliardaire ne se verra spolié. Les citoyens en revanche règlent la note contre une perte totale de souveraineté du pays débiteur. La mise en esclavage des grecs par leur dette n’est qu’une étape. Plus besoin de militaires pour occuper physiquement un état de nos jours. Sa perte de souveraineté résulte de ses caisses vides. Inéluctablement tous les citoyens de pays dont la dette dépasse 100% de leur pib seront brisés.

La finance internationale est la seule satisfaite. La presse qui dépend d’elle, se réjouit. Les chefs d’état dont les intérêts fondamentalement conservateurs sont liés s’auto congratulent. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes part en lambeaux.

Frédéric Le Quer