Brésil tropical et France carnaval

Par Lundi 17 août 2015 Permalink 19

Il est un pays où les scandales financiers sont en train de déstabiliser le pouvoir en place. Le Brésil fait l’objet de manifestations massives organisées par les classes moyennes révoltées par la ploutocratie dirigeante.

Ce dossier Petrobras, mêlant pots-de-vin, surfacturations et financements occultes des partis politiques, met les gens dans la rue. Dans un contexte de crise économique qui amène le gouvernement à prendre des mesures impopulaires, les contrats publics de dizaines d’entreprises de construction, gonflés sous réserve de verser des pots de vin à l’entreprise d’état Petrobras ne passent pas. Les ténors du parti des Travailleurs de Dilma Roussef, la présidente, sont éclaboussés. La crise politique bat son plein parallèlement aux révélations judiciaires. Pour l’anecdote, l’affaire fut découverte grâce au décriptage des messages envoyés sur Black Berry, réputé très sûr et utilisé par tous les mafieux du monde!

Nous connaissons aussi chez nous un joli scandale qui fait à peine lever un sourcil au citoyen blasé depuis toutes les dérives apprises faisant l’objet d’enquêtes administratives ou judiciaires de la part de députés, de ministres ou de conseillers du président. Pourtant  la société Areva détenue par l’état à 87% met en cause une masse d’argent encore plus importante qu’au Brésil. Plus de huit milliards évaporés au frais du contribuable suite à la gestion catastrophique, pour ne pas dire autre chose, de la présidente Anne Lauvergeon, une proche du pouvoir en place, sont dans la balance. Il faut bien sur aussi remarquer l’absence criminelle de contrôle de la part des autorités de tutelle. À cette heure, seule une enquête préliminaire concernant l’achat de mines d’uranium sans uranium est diligentée!

Deux poids deux mesures, pourrait-on dire, d’un côté ou de l’autre de l’équateur. Il fut un temps où l’on se serait gaussé des malversations brésiliennes. Ce serait dorénavant bien mal venu!

Frédéric Le Quer