Bourse de Shanghai et crise des subprime

Par Mardi 5 janvier 2016 Permalink 1

La bourse de Shanghai se porte mal même si elle n’a pas encore rejoint son plus bas du 26 août dernier. Les profits des compagnies industrielles baissent et l’indice concernant le secteur manufacturier (transformation des matières premières issues du secteur primaire) démontre une récession dans cette activité. Comme partout dans le monde, la banque centrale en faisant preuve de flexibilité, i.e. elle imprime de la monnaie de singe, se dit à la manœuvre et le yuan baisse par rapport au dollar.

Cet état de fait arrivant dans la deuxième économie mondiale a été pris jusque là comme une simple péripétie. Un simple changement de modèle économique est la raison donnée officiellement! L’été boursier a acté le basculement avant que les cours se reprennent cahin-caha. Un parallèle au niveau du timing peut être fait avec le commencement de la crise des subprime. Lors de l’été 2007, des chiffres font savoir que le taux de non remboursement sur les crédits subprime dépasse 15 %. Un choc boursier se déclenche puis est endigué quelques mois. Ces prêts titrisés font peser le risque d’une crise bancaire systémique et les banques centrales des États-Unis, d’Europe et du Japon injectent massivement et à plusieurs reprises des liquidités dans le marché des crédits interbancaires au cours du 4ème trimestre 2007. Les choses se calment alors de la même façon qu’elles s’apaisaient en Chine jusqu’à ces derniers jours. Donc une première tempête est jugulée. Début 2008, quand vient la seconde, c’est l’effondrement généralisé.

La question est maintenant de savoir si le parallèle peut aller jusqu’au bout et donc si actuellement, le choc de l’été dernier est en train de se transformer en cataclysme au bout de quelques mois. Ceux qui savent, parce qu’il y en a, se taisent et vendent… Peut-être! 2008 nous apprend que les banques n’hésitent pas à tromper leurs clients pour sauvegarder leurs intérêts (cf le scandale Goldman Sachs). Les autres sont les moutons bons à tondre. Il faut se méfier des séances avec des ouvertures en hausse et des clôtures systématiquement en baisse; elles sont là pour attraper les derniers idiots… Encore un indice: si les taux souverains montent quand les actions baissent c’est qu’on est très mal…

Frédéric Le Quer