Bernard Rancillac

Par Dimanche 18 septembre 2016 Permalink 1

Bernard Rancillac est un artiste français contemporain né à Paris en 1931. Éclectique son oeuvre va du dessin, il débute sa vie professionnelle comme professeur de dessin, aux décors de théâtre en passant par le design et bien sûr la peinture où il est dans ce domaine de renommée mondiale. C’est le chantre de la figuration narrative.

Dès 1983 l’état s’intéresse à l’artiste et acquiert le tableau en une intitulé Danse famélique, peint en 1965 (2 m x 2 m huile sur toile). Les raisons de cet achat de l’époque de Jack Lang sont dithyrambiques: « Oeuvre riche, oeuvre dense, incroyablement féconde en ruptures internes, son unité fondamentale réside dans la réflexion stimulée par les ambiguïtés du divorce (mot prémonitoire compte tenu de la bataille juridique qui l’oppose à son ex!) entre la réalité intérieure et l’engagement social, le refus de s’assimiler à quelques systèmes que ce soit, l’exigence d’un véritable regard plastique d’une acuité et d’une conscience à l’opposé de toute compromission… » N’en jetez plus! Le reste est à l’avenant! Il fallait oser un pareil jargon n’expliquant rien mais faisant certainement plaisir à celui qui l’écrit! On est aujourd’hui plus sage et le musée d’art moderne et contemporain de St Etienne explique: « Après une période abstraite noire puis blanche, au début des années 1960, au cours de laquelle il expérimente divers techniques et supports, Bernard Rancillac réintroduit figures et couleurs dans ses peintures (« Fantomas passe-muraille », 1962). Puisant allègrement dans la bande dessinée, l’affichage publicitaire et la culture populaire (série des « Mickey », 1964), il propose des images non dénuées d’humour qui lui valent de participer en 1964 à l’exposition « Mythologies quotidiennes ». Ne comprend-on pas ainsi mieux l’oeuvre picturale?

L’artiste est politiquement engagé et déclare lui-même: « Tous les événements politiques m’impressionnent. Je l’ai découvert quand j’ai décidé de faire des toiles sur l’année 1966 (voir ci-dessous, Géométral d’une idole, huile sur toile 88,5 x 115 cm mis en vente chez cornette de St Cyr le 30 mars 2015 avec une estimation basse de 70 000 € et qui ne trouva apparemment pas preneur ce jour là). J’ai compris alors que j’étais un animal politique, pas un chroniqueur mondain! A l’origine de toute création artistique il faut une émotion. très souvent chez moi elle est de nature politique.(…) Le peintre a le temps de s’enfoncer dans la chair du temps. Cela s’appelle l’histoire ». Voilà un propos que n’aurait pas désavoué les peintres historicistes du XIXe siècle même s’il l’eût énoncé bien différemment!sam_1787

Notons pour terminer sur l’aspect design de l’oeuvre de l’artiste le fauteuil Elephant en résine de polyester et fibre de verre teintée rouge piétement en fer battu laqué noir numéroté 48/100 109x142x155 cm venant de la collection de l’hôtel Costes K qui fit chez Cornette de St Cyr environ 4800 € le 24 juin 2013.sam_1785

Frédéric Le Quer