Bernard Cazeneuve nie le réel

Par Samedi 22 août 2015 Permalink 19

Le ministre Bernard Cazeneuve reste très prudent sur l’interprétation des faits criminels survenus hier dans le train entre Bruxelles et Paris. Ce n’est pas parce que l’homme, heureusement arrêté, est arabe, musulman, pourvu d’armes à feu et d’armes blanches, qu’il veut tirer sur les passagers d’un wagon, qu’il revient de Syrie, et, cerise sur le gâteau, fait l’objet d’une fiche des services de renseignements français après des informations collectées par leurs confrères espagnols qu’il faut voir en lui, donc, d’après notre grand serviteur de l’état, un terroriste!

Nos dirigeants sont tétanisés par le réel et refusent de voir la situation du pays dont ils sont à la tête. Aussi se gargarisent-ils de discours alambiqués à la langue de bois la plus méprisable pour éviter d’avoir à qualifier l’évidence tragique d’une France assaillie par des islamistes extrémistes, incapable de faire face car imprégnée d’un politiquement correct mortifère. L’islam en cause, et je veux bien croire qu’il en existe une autre interprétation, est sexiste, intolérant, hégémonique. Il rejette catégoriquement la culture occidentale et compte petit à petit sur l’immigration incontrôlée et le taux élevé de natalité pour obtenir dans quelques années la majorité en France d’abord puis ailleurs en Europe, afin de tendre vers un régime théocratique. La violence dont certains islamistes font preuve sert à effrayer la population pour mieux imposer des vues dont ils ne se cachent pas, qu’ils proclament même en prenant de plus en plus d’assurance face à un état pusillanime. La laïcité, comprise comme une démission, est un outil pratique mais ne vaut pas à leurs yeux une bonne rafale de Kalachnikov tirée de temps en temps sur des innocents.

Si tous ces apprentis terroristes n’étaient pas si maladroits, nous aurions depuis l’affaire Koulibani-Kouachi des dizaines de victimes dans les églises ou les transports en commun partout sur le territoire. Mais le ministre de l’intérieur refuse de se précipiter dans une interprétation qui a le défaut de se situer dans la réalité des faits, dans les dérives incontestables de la société française et préfère temporiser, démentir, nier, tellement il a peur du déclenchement d’une guerre civile. Alors, n’importe quelles sottises sont relayées par la presse cherchant à faire croire à des actes de grand banditisme ou de personnes folles pour continuer encore un peu à endormir l’opinion publique.

Frédéric Le Quer