Bernanos et l’affaire du quai de Valmy

Par Mercredi 20 septembre 2017 Permalink 1

Le procès de l’agression en mai 2016 à Paris d’une voiture de police dont les images ultra-violentes ont fait le tour du monde débute. Deux prévenus sont en détention provisoire, six sous contrôle judiciaire et un neuvième homme, résidant en Suisse, ne s’est pas présenté aux convocations de la justice. Il ne s’agit pas ici d’élucider une affaire en train d’être plaidée mais juste de remarquer le sort particulier qui est fait à deux des inculpés, les frères Bernanos.

Leur arrière grand-père est l’écrivain du début du XXe siècle dont l’une des œuvres a été adaptée au cinéma par le cinéaste Maurice Pialat. Ces deux jeunes gens sont intégrés à cette caste française qui, quelles que soient ses déviances, se soutient, se sert les coudes contre vents et marées. Ce petit monde n’est jamais tout à fait soumis aux mêmes règles que les autres, ceux qui n’en sont pas. Il bénéficie quoiqu’il lui arrive d’un traitement particulier comme on le voit encore dans ce cas. La mère de ces deux charmants bambins a par exemple pu s’exprimer de longues minutes sur France Info, hier et surement dans d’autres médias, pour clamer l’innocence de ses enfants et fustiger « le sort fait à la jeunesse française dans ce pays »! Le journal Libération, c’est bien le genre, s’est fendu de plusieurs articles critiquant la mise en cause des frères Bernanos en estimant à mi mot leurs allégations plus crédibles que celles d’un policier des renseignements de la préfecture de police. Ce dernier bien qu’assermenté, n’a pas l’heur de faire partie du milieu des frères Bernanos et donc ipso facto son témoignage devient sujet à caution, quasiment indigne d’être retenu. On n’accuse pas des gens de ce niveau social comme ça! De quoi vient donc ce mêler ce flicaillon. Si les Bernanos disent qu’ils sont innocents, leur parole normative n’a pas à être remise en cause!

Terminons par ce petit passage d’une fable de La Fontaine « Les animaux malades de la peste » qui permet d’insister sur l’hypocrisie et sur le scandale d’une époque contrôlée par les puissants (Heureusement les temps ont changé!!!):
On n’oſa trop approfondir.
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puiſſances,
Les moins pardonnables offenſes.
Tous les gens querelleurs, juſqu’aux ſimples maſtins,
Au dire de chacun eſtoient de petits ſaints.

Frédéric Le Quer