Benoit Hamon, le sophiste

Par Lundi 6 février 2017 Permalink 3

Benoit Hamon a fait son discours d’investiture dimanche midi. Ce candidat est incontestablement dangereux. Si le fond est classique pour un socialiste, ce qui devrait le rendre inaudible aux citoyens qui ont déjà donné, la forme est remarquable.

Attachons-nous principalement à cette dernière! Le visage très brun des bretons des monts d’Arrée est sympathique, son expressivité jamais revêche. La voix est douce sans être doucereuse, posée sans pour autant être monotone. Si le premier abord ne laisse pas entrevoir une force intérieure inhabituelle, il ne présage pas non plus d’un imbécile, loin de là. Tout cela est neutre avec un a priori plutôt favorable. L’homme dévoile incontestablement des capacités hors du commun quand il se met à parler. Seul hier devant la salle composée de plusieurs centaines de personnes, il donnait l’impression de leur parler comme s’il était en petit comité, à une table entre amis. C’était fluide, léger, cultivé. Le spectateur ne baillait pas comme dans les laborieuses déclarations de Macron. Ses mimiques et ses gestes étaient en osmose avec ce qu’il disait. Mieux la tournure simple des phrases donnait incontestablement envie de l’écouter. Oh! Ce n’était pas simpliste, c’était juste très intelligemment construit.

Enfin, soyons précis! Intelligent dans la forme et uniquement dans la forme. Sur le fond l’auditeur assistait au programme classique d’un mondialiste socialiste cherchant à mettre en oeuvre une politique de la demande. Un cadre qui ne marchera jamais puisque l’incompatibilité est complète avec Bruxelles et Berlin. Hamon comme Hollande en 2012 joue à faire croire aux français qu’il fera plier la commission européenne et Angela Merkel. Une fois cette inepte présupposé sur la table, il débite sans contredit un projet qui ne sera jamais appliqué. L’avenir qu’il propose aux français n’est alors que du vent.

En attendant Benoit Hamon aura su faire oublier le drame français avec un speech sorti du contexte nationale. L’identité, l’immigration, la disparition de toute culture intellectuelle sont pour lui réglées avec la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’état. Le sophisme chez cet homme politique est une seconde nature. Ses mots vont incontestablement séduire, persuader. Heureusement pour la France Mélenchon devrait lui siphonner les voix nécessaires pour être au second tour.

Frédéric Le Quer