Benjamin Rabier (1864-1939)

Par Mercredi 5 juillet 2017 Permalink 1

Depuis l’hommage rendu par le musée de l’illustration jeunesse de Moulins dans l’Allier, il y a deux ans et demi, la cote du dessinateur Benjamin Rabier se porte plutôt bien. Les personnages de La vache qui rit, d’Aglaé et Sidonie ou encore du canard Gédéon font raisonner dans l’imaginaire des collectionneurs une sorte d’age d’or, de monde enchanté où la gentillesse est la valeur cardinale. Ses couleurs, ses ciels toujours bleus, ses animaux enjoués, leurs allures gracieuses rafraîchissent l’observateur en le transportant dans un monde simple et joyeux. Bref dans nos temps difficiles et troublés, le graphisme de l’artiste Benjamin Rabier agit telle une bouffée d’oxygène.

Plusieurs dessins de lui étaient à vendre lundi 3 juillet à Drouot chez Tessier & Sarrou. Les choses se sont curieusement passées. D’abord les acheteurs ne se bousculaient pas au portillon! Ensuite l’expert avait pris sur lui de faire monter les enchères bien au-dessus des estimations au point que le commissaire priseur et le crieur se regardaient d’un air interrogatif, le premier un peu agacé. Il semble que de nombreux lots furent ravalés (traduction: invendus). Malgré mon habitude des ventes aux enchères, l’embrouillamini était tel que je ne saurais dire lesquels ont réellement été achetés et lesquels n’ont pas trouvé preneur. Ces façons de faire nuisent incontestablement au travail qu’à engager cette institution qu’est Drouot, afin d’attirer des particuliers rassurés par la clarté normalement de mise. Donner de l’élan à une vente comme font les commissaires priseurs en partant de bas et en égrainant les chiffres à haute voix est une chose, emberlificoter les clients par un manque évident de transparence en est une autre…

Néanmoins, le dessin en une, le lapin funambule, 38 x 28 cm semble bien avoir trouvé preneur pour la somme de 25 000 € frais compris. Citons cette année, le deuxième plus fort résultat pour l’artiste avec cette encre de chine et aquarelle intitulée Les retrouvailles, ci-dessous, 24 x 35 cm qui fit le 13 mai chez Couteau-Bégarie ovv 41 712 €.SAM_3933

Enfin finissons par ce charmant pastiche de l’Angélus de Millet (aquarelle de 40 x 30 cm), ci-dessous, qui, le 11 octobre 2015, chez Couteau-Bégarie, fut adjugé 13 178 €. Belle plus-value à prévoir en cas de remise en vente à mon humble avis…SAM_3934

Frédéric Le Quer