La bataille électorale du Doubs

Par Lundi 9 février 2015 Permalink 19

La bataille électorale du Doubs s’est révélée propice à une litanie de mensonges dont les partis qu’on dit « de gouvernement » ne sortiront pas indemnes. L’UMP s’est ridiculisé. Le Parti Socialiste obtient une victoire à la Pyrrhus présageant de grandes défaites. Le Front National a failli gagner sur des terres a priori inhospitalières.

L’UMP, d’abord, avec ses dirigeants aux discours décalés, ses militants abandonnés, est un exemple emblématique du dictât ploutocratique et médiatique contre lequel le parti n’ose aller, quitte à perdre toute crédibilité populaire. Dans l’histoire démocratique de la France, a-t-on jamais vu un mouvement dont les dirigeants proclament l’exact contraire de ce que ses partisans veulent entendre? Tous les ténors ont en effet défilé devant les micros pour affirmer leur rejet du parti de Marine Le Pen, leur préférence plus ou moins claire mais difficilement niable pour le PS, prenant ainsi à rebrousse poil la presque totalité de leurs affiliés, mais se préservant les bonnes grâces des chaines de télévision, des radios, des journaux. Curieusement donc,personne n’a proposé de voter Front National, alors que les résultats montrent très clairement que les électeurs de droite ont voté pour ce parti. La schizophrénie est une maladie mentale grave qui dénote une altération des perceptions avec des hallucinations accompagnée d’une pensée délirante: Les dirigeants de l’UMP sont gravement atteints.

Le Parti Socialiste s’en est sorti avec difficulté. L’esprit du 11 janvier est comme prévu apparu comme une absurdité. Tous les villages de la circonscription ont voté pour la candidate du FN et il a fallu une mobilisation lors du second tour des électeurs musulmans des petites villes pour que le parti au pouvoir l’emporte de justesse, de quelques centaines de voix. Les classes populaires sur lesquels s’appuie le PS sont celles de religions musulmanes, les autres, de ce fait même, s’en détournent mais le mot d’ordre est l’omerta sur la nouvelle base sociologique du parti qui sera suffisante dans dix ans, à la vitesse où vont les choses, mais qui en attendant reste un peu mince, d’autant plus que ces électeurs, pas très motivés, ne se déplacent qu’en dernier ressort.

Le Front National démontre encore l’élan populaire qui le porte dans cette circonscription plutôt difficile pour lui. S’il ne gagne pas, il s’affirme comme le premier parti de France alors qu’il n’a, à l’assemblée nationale, qui n’a plus de nationale que le nom, juste deux députés! Que l’on soit d’accord ou pas avec ce parti, le scandale démocratique est patent. L’accession au pouvoir va continuer à être semée d’embûches: Il s’ébauche actuellement au faux système tripartite où se crée une double offre pour un programme similaire, ce qui favorise la confusion, et la troisième option, radicalement opposée et unanimement rejeté par tous les caciques, doit démontrer à chaque fois sa crédibilité dans sa différence.

La bataille électorale de cette partielle a permis d’étaler un peu du jeu de chacun  et va rendre le bluff bien difficile pour les prochains scrutins. La France reste bien dans un bipartisme, PS, UMP d’un coté, FN de l’autre, mais le scrutin bipolaire ne peut être adapté que si les faux semblants et les mensonges apparaissent clairement. Cette petite campagne électorale a permis de lever un peu le voile.

Frédéric Le Quer

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