Banques, leurs pertes, notre problème

Par Mercredi 5 octobre 2016 Permalink 3

Certaines banques comme les allemandes reçoivent plus d’argent qu’elles n’en prêtent. D’autres banques comme les françaises prêtent plus qu’elles ne reçoivent de dépôts.

Toutes les banques jouaient sur les écarts de taux des rendements obligataires entre pays pour aisément empocher la différence. Exemple, on emprunte quelque part à X à 1%, on prêtre à Y à l’autre bout du monde à 2% et le tour est joué!

Les banques prêtaient à long terme en empruntant à court terme. Exemple x remboursera son prêt sur 20 ans et compte tenu de la durée, il aura un taux plus élevé, les risques du prêteur durant longtemps. Mais celui-ci empruntera l’argent qu’il prête à long terme par de nombreux prêts répétés à court terme théoriquement forcément moins chers vu que la prise de risque est plus courte. L’écart taux courts taux longs fait partie du bénéfice d’une banque sur un prêt hypothécaire par exemple.

Voilà donc en gros le business facile des banques détruit par les taux négatifs. (Business facile car le difficile, celui des paris dangereux aux effets de levier déments comme les produits dérivés de la Deutsche Bank, c’est encore autre chose…) Ce business facile, sans risque est le socle sur lequel étaient assis les établissements financiers. L’argent rentrait à coup sûr. Si les banques allemandes sont les premières à être vent debout contre la politique de la BCE des taux négatifs, c’est que dorénavant les dépôts qu’elles reçoivent non transformés en prêts, leur coûtent si chers que certaines comme la Commerzbank s’essaient à les mettre en cash connement dans leurs coffres, comme n’importe qui pouvait mettre ses billets sous le matelas. Les banques françaises paraissent plus sûrs juste parce que le pays est moins riche et aussi plus sujet à caution que l’Allemagne et attire moins les capitaux des pays périphériques comme l’Italie ou l’Espagne. Nos banques font plus de prêts qu’elles ne reçoivent de dépôts donc leur cash ne leur coûte pas très cher. En revanche tout comme les allemandes ou comme n’importe quelle banque de la zone €, l’écrasement des écarts de taux dans tous les pays riches de la planète, l’écrasement des écarts entre taux longs et taux courts rognent drastiquement sur leur rentabilité, vu que c’est un moyen de gagner de l’argent facile qui disparaît.

Si les banquiers centraux utilisent cette politique des taux négatifs, c’est pour forcer les consommateurs à consommer, à ne pas garder une épargne qui ne rapporte rien et relancer la machine économique en achetant. Mais ces banquiers centraux ont perdu leur pari. Les foyers au lieu de consommer en se disant que ce qu’ils ont ne leur rapporte rien, préfère thésauriser encore plus pour garantir leur pouvoir d’achat futur, vu qu’il faut plus d’argent pour garantir les mêmes revenus de la rente.

Aujourd’hui certaines banques sont exsangues à cause de cette politique mise en place à la suite des subprime qui dure depuis trop longtemps. Quand à cela s’ajoute les invraisemblables risques pris par la Deutsche Bank, le cataclysme financier n’est évidemment plus très loin. Evidemment les banques ne paieront jamais leurs pertes; les populations y pallieront par l’impôt et l’endettement accru de leur pays qui n’est qu’un autre impôt mais à paiement différé.

Frédéric Le Quer