Banque en folie

Par Jeudi 14 juillet 2016 Permalink 1

Ces derniers jours les valeurs bancaires remontent: Le secteur financier s’attend à ce que la Banque du Japon délivre, que la FED ne resserre pas, que la Banque d’Angleterre baisse ses taux. Les colombes s’en donnent à cœur joie. C’est un signal extrêmement négatif sur l’économie mondiale.

Néanmoins, Unicrédit voit depuis le début de l’année sa valeur diviser par 2,5. Le Crédit Agricole perd 20 % dans le même temps, la Société Générale, 25 % ou la Deutsche Bank 40%. Les traders ont l’interdiction de spéculer sur les cours de la banque Monte Paschi pendant 3 mois. Les CDS (sortes de primes d’assurance cotées) sur cette valeur n’ont évidemment jamais été aussi élevés! Merkell dit cependant ne pas craindre de crise des banques italiennes et Schauble son ministre de l’économie attend le résultat des stress test fin juillet pour se prononcer. Lol! Les Echos se félicitent ce matin de l’appréciation portée sur les banques françaises par une consœur d’outre atlantique. Relol!

Il faut éviter à tout prix un bank run surtout en Italie. Tout va donc officiellement très bien Mme La Marquise! Pourtant, jamais la catastrophe ne fut si proche chez nos amis transalpins et donc par ricochet dans toute l’Europe. Les banques italiennes accumulent 360 milliards € de dettes toxiques, ce qui équivaut à 22% du PIB, un chiffre digne d’un pays émergent en faillite, d’après un journal suisse. Draghi leur débloque six mois de liquidité avec du fric créé de toute pièce car les répercussions sur le terrain politique commencent maintenant. L’Autriche, la Hongrie, l’Italie votent cet automne et si les questions sont diverses, les réponses risquent toutes de correspondre à un sanglant non à l’Union Européenne.

Les états n’ont pour le moment plus le droit de renflouer le secteur bancaire ce qui dans le jargon financier interdit le bail out qui avait l’avantage de spolier les citoyens sans qu’ils ne s’en rendent compte immédiatement. Les créanciers et les déposants sont dorénavant seuls appelés à la rescousse ce qui a le désavantage de spolier sur le champ les citoyens-clients qui voient instantanément leurs économies diminuées ou carrément supprimées. Les allemands tiennent à cette règle qui à terme inéluctablement obligera à la reconfiguration de la zone €. C’est ce qu’ils veulent depuis des années et la guerre Merkel Renzi arbitrée par Draghi est la résultante de cette volonté.

Les six mois offerts par Draghi ne suffiront pas. D’ailleurs hormis pour les ploutocrates mondialistes européistes, l’intérêt bien compris des peuples serait de rebattre les cartes au plus vite. Les allemands parient que cette dislocation de la monnaie unique évitera peut-être les révolutions européennes qui pointent leur nez. La nomenkltura des pays du club med au sens large ne veut pour le moment pas plier.

Frédéric Le Quer

PS: voir sur le sujet, http://politiqart.com/les-banques-italiennes-dans-la-tourmente/