Banlieue rouge

Par Dimanche 20 juillet 2014 Permalink 20

Ils sont loin Renaud et sa chanson Gérard Lambert! Il n’y a plus de Lambert en banlieue. Ils sont partis les Lambert! Ils ne votaient plus communiste, les Lambert!

Embourgeoisement, désindustrialisation, pression foncière… Fatal aux fiefs ouvriers, ceux de trente six, ceux du front populaire. La mairie avait beau multiplier les cités HLM, le rêve petit bourgeois des années 70, c’était l’accession à la propriété, c’ était le petit appartement dans le centre ville pour être chez soi, pour s’enrichir! Car c’est bien ce qu’ils étaient devenus nos ouvriers de la Plaine St. Denis, d’Aubervilliers ou de La Courneuve, des petits bourgeois grâce aux trentes glorieuses!

Il ne restait alors que deux solutions aux barons politiques locaux communistes: virer social démocrate ou remplacer les Lambert. À la tête du parti on a débattu, on s’est engueulé, on a hésité. L’URSS ne faisait plus rêver personne, n’était plus un modèle. Mais quand même, la révolution, le grand soir, les caciques du parti ne pouvaient pas y renoncer, juste faire un trait, juste passer à autre chose…

La grande manœuvre fut alors de paupériser la population. Non pas celle en place, encore que… Mais, il fallait qu’elle parte pour être remplacée par des travailleurs pauvres. Le patronat était d’accord, il n’en voulait plus du plein emploi, il était grand temps d’augmenter la main d’œuvre potentielle, cette pénurie coûtait décidément trop chère, une bonne concurrence stopperait les hausses salariales!

Alors cette population est partie, elle s’ en moquait d’être près de Paris, elle n’y allait pas! Elle a déménage plus loin aux confins de la région parisienne, le péri urbain comme on dit maintenant quand les choses sérieuses ont commencé.

D’ abord ce fut la destruction des centres villes, de ces immeubles insalubres ou juste vieillots du XVIIIe, du XIXe ou du début du XXème siècle, démolition sans pitié, sans regret, sans chercher la réhabilitation. Le premier exode démarra ainsi, par les vieilles familles ouvrières dont on ne voulait plus car elles finissaient par mal voter. En bétonnant on supprimait la mémoire, on coupait les racines, on facilitait le départ ailleurs vers une petite maison avec son petit jardin, son potager, son air pure… Faut dire que les industries chimiques dans ces banlieues avaient fait des ravages! Même le gazon du stade de France, bien plus tard, était incapable de prendre! Il a fallu une chape de béton pour l’isoler de la nappe phréatique et qu’il pousse! Finalement s’éloigner dans un petit coin de paradis même si on connaît personne,  c’était tentant.

Tous ne partirent pas tout de suite. mais ils se retrouvèrent bientôt minoritaires, dépassés par le flux migratoire venu d’Afrique par centaines, par milliers. Et ces gens qui venaient, des petites gens, continuaient à appartenir au pays qu’ils avaient quitté plutôt qu’à celui dans lequel ils arrivaient. Imposant leurs mœurs, leurs coutumes, bien loin de  s’intégrer ,  on ne parle même plus d’assimilation, impossible tant le flux migratoire était conséquent,  ils exclurent.  Alors les plus attachés à leur histoire familiale capitulèrent aussi. C’était fini: le deuxième exode terminait le remplacement de population.

Voilà! Si le parti communiste à quand même disparu , du moins dans les faits, ses cadres tiennent le coup pour quelques temps encore. Le chômage progresse. Les salaires stagnent. La France change complètement, catégoriquement, sans doute définitivement car après les fiefs communistes l’immigration perdure. Les nouveaux venus se radicalisent, imposent leur point de vue sur les femmes, la nourriture, la politique étangere. L’ autochtone fuit de plus en plus loin, se ratatine, s’isole. Il fait semblant de décider pour un pays qu’il a déjà perdu.

La chute de la civilisation judéochristienne sonne le glas de la culture française, de l’état français, de l’histoire de France!

Frédéric Le Quer