Autriche, libérale ET souverainiste

Par Lundi 23 mai 2016 Permalink 6

En Autriche, ce sont les votes par correspondance qui confirmeront ou infirmeront le résultat déjà acquis concernant les électeurs qui se sont déplacés. Quatre pourcents de voix séparent les deux candidats à l’élection présidentielle. Les votants par correspondance représentent 14% des bulletins.

Indéniablement le pays au niveau géographique est FPÖ. Les campagnes ont voté  au second tour à 70, 80% pour Norbert Hofer qui au premier tour avait obtenu  36% des voix contre 21 au candidat écologiste. Les villes, les capitales des Länder, sont plus en faveur d’Alexander van der Bellen. Qu’Hofer gagne ou perde, son parti montre qu’une importante réserve en voix lui reste après le premier tour. C’est une indication pour le Front National qui lui n’en a pratiquement pas. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il participa jusqu’au début des années 2000 à différents gouvernements de coalition. Ce n’est pas un parti d’extrême droite comme tous nos médias le déclarent. Il s’agit d’un parti libéral et souverainiste. Ce dernier mot le fait qualifier de populiste avec mépris. Mais la vraie question est de savoir si l’on peut être libéral ET souverainiste. Est-ce que le fait de refuser une immigration massive musulmane est compatible avec le libéralisme?
Le libéralisme est incarné jalousement par L’Union Européenne. Cette dernière a décidé de s’octroyer le monopole de l’idéologie imposée de la mondialisation et du libre échange. La riche population autrichienne est économiquement libérale mais sociologiquement souverainiste. Le hiatus est là. Pour Bruxelles, ils devraient aussi être culturellement, cultuellement libéraux. Mais ils ne veulent pas renoncer à leurs traditions! L’islam est la source unique du clivage!
Si le président est Hofer, le pays va vers une crise politique compte tenu des importantes prérogatives du président en Autriche. L’UE accentuera la sienne. La crise des migrants bouleverse le continent. Son impact a été très mal évalué par les dirigeants. Les citoyens ne s’en laissent plus conter. Qu’Hofer remporte l’élection et que le brexit gagne, et l’UE aura vécu un premier semestre 2016 catastrophique pour elle. Peut-être perdra-t-elle ainsi un peu de son arrogance…
Frédéric Le Quer