Au tour de l’Italie de rejeter l’UE

Par Lundi 6 juin 2016 Permalink 3

« Nous sommes fatigués que ce soit toujours les mêmes qui commandent à Bruxelles, autrement dit Berlin ». En Italie, en janvier, cette déclaration privée de Mattéo Renzi opportunément rendue publique montrait qu’il s’apercevait de l’exaspération des italiens sur des réformes qui poussaient son pays à toujours plus de flexibilité et moins de sécurité. Le verdict est tombé hier. La posture du président du conseil n’a pas pris et il a été sans conteste condamné dans les urnes. Pépé Grillo et son mouvement eurosceptique 5 étoiles sortent vainqueurs du premier tour.

Les élections municipales partielles montrent donc que les déclarations fracassantes de Renzi de ces derniers mois contre l’institution européenne n’ont pas convaincu. Le Mouvement 5 Etoiles se taille la part du lion à Rome avec une avance de 13 points et à Turin, le scrutin s’annonce serré. C’est incontestablement un échec pour les hommes au pouvoir et par ricochet pour l’Union Européenne. En octobre, les Italiens seront appelés à valider une importante réforme constitutionnelle approuvée en avril par le Parlement. Le texte limite les pouvoirs du Sénat et est censé donner une stabilité gouvernementale à l’Italie. Son rejet sonnerait le glas pour le gouvernement actuel car qui peut croire que les italiens répondront à la question? Comme pour n’importe quel pays il s’agira soit d’un plébiscite, soit d’un vote sanction.

Incontestablement, l’occident montre des peuples de plus en plus en décalage par rapport à ceux qui les dirigent. Mais les élections passent et toujours les mêmes sont au pouvoir. Cette dichotomie ne pourra sans doute pas durer très longtemps et deux voies s’ouvriront alors. Un despotisme assumé que les médias nous dirons être éclairé, s’installera clairement avec le renoncement à la démocratie directe. La mondialisation va évidemment dans ce sens mais il faudrait un coup d’accélérateur. L’autre possibilité est de voir les foules en colère renverser la table et stopper net la globalisation qui rapporte à de moins en moins de gens mais coûte très chère à tous les autres. L’heure de vérité approche.

Frédéric Le Quer