Astérix et l’envahisseur

Par Vendredi 27 octobre 2017 Permalink 2

Astérix est à la une de l’actualité au cours de ce mois d’octobre. Ce fut d’abord la vente de la couverture originale de l’album « Le tour de Gaule », à la gouache et à l’encre, de la collection Tchernia qui fut adjugée 1 449 000 € à Drouot. Ce record qui ne s’adressait pas à n’importe quel titre mais au tour de Gaule qui glorifie la culture culinaire de chaque région française à coup de saucissons et de jambons, culture que l’envahisseur refuse de voir mis en exergue, publié en 1965, disait déjà quelque chose de la nostalgie à propos d’un pays aujourd’hui presque disparu.

Ces derniers jours, c’est à propos de la répression à l’encontre de cette nostalgie qu’Astérix fait parler de lui. L’éditeur Hachette du dernier album a supprimé la fameuse carte de Gaule figurant au début de chaque ouvrage montrant le dernier village gaulois résistant encore et toujours à l’envahisseur. L’envahisseur… Chacun le connait aujourd’hui mais il est interdit de le désigner sous ce nom. Il n’y a pas d’envahisseur, exige la propagande. L’envahisseur n’existe pas. L’envahisseur n’a jamais existé. Tout ce qui fait mention d’un quelconque envahissement doit sortir des livres une bonne fois pour toute pour que l’envahisseur actuel puisse s’installer en toute quiétude. Comme d’habitude on commence par l’écrit en rayant les mentions subversives.

Pourtant l’envahisseur la famille de Goscinny dont une partie est morte à Auschwitz, a payé pour connaitre. Il s’agissait d’un autre à l’époque. Mais Astérix symbolise la résistance à tous les envahisseurs d’hier et de demain alors que nos dirigeants glorifient dorénavant la collaboration. L’accueil n’est rien d’autre que la privation de notre indépendance et de notre culture. Astérix qui n’a d’autre ambition que de rester lui-même, doit plier ou mourir.

Frédéric Le Quer