Arman (1928-2005)

Par Dimanche 27 septembre 2015 Permalink 16

Principal protagoniste de l’école de Nice, Arman-Pierre Fernandez est membre fondateur du  nouveau réalisme, groupe fédéré par Pierre Restany. Après des études aux Arts décoratifs de Nice et à l’école du Louvre, il utilise le pseudonyme Arman. En 1972, il prend la nationalité américaine.

Dès la fin des années 50, dénonçant la société de consommation, Arman montre des Accumulations et des Poubelles qu’il amasse par « une volonté poétique ». Quand Yves Klein, dans la galerie Iris Clert, expose « le vide » en 1958, deux en plus tard il y expose « le plein » et remplit l’espace « à ras murs » de déchets. cidessous, un exemple d’accumulation datant de cette époque vendu à Draguignan le 22 juin 2013 chez Grossetti svv 19200 €.SAM_0845

Sa démarche artistique flirte avec le profit. Néanmoins, ses provocations dans la lignée du « ready-made » de Marcel Duchamp dénoncent la société de consommation qu’il explore en entomologiste et en sociologue. Son oeuvre s’inscrit dans des séries comme « les colères » qu’il commence en détruisant une contrebasse devant les caméras de la NBC. Il anéantira ensuite systématiquement violons, guitares, violoncelles et pianos pour soi-disant dénoncer le monde de la musique, à son goût, trop codifié et conformiste. Rassurons nous, il recolle après le tout sur un piédestal ou dispose les morceaux sur des supports muraux. Ci-dessous des morceaux de violoncelles calciné inclus dans de la résine et placés dans un emboitage en plastique mesurant 170x140x16,5 cm. Estimé 100 000 € par la svv Millon il ne trouva pas preneur lors d’une vente de juin 2014. Ces pièces sont très fragiles du fait de la réaction chimique venant avec le temps, mal cernée à cette époque.SAM_0846

En plus de ses accumulations, Arman découpe aussi en tranche des sculptures de bronze. Voir ci-dessous Music Power (h:268cm) épreuve en bronze signée, numérotée 2/8 qui fit à Nice en octobre 2011 185 880€SAM_0849

Arman est un grand collectionneur d’œuvres d’art.Dans les années 90 il constitue une série appelée « collections »,  représentant des séries d’objets dans des casiers, comme l’image ci-dessous. Mais l’imagination manque et l’ensemble est au final un peu répétitif. Il reste toutefois de la carrière de l’artiste une oeuvre tourmentée venue d’un homme qui a su être totalement en osmose avec son époque.SAM_0848

Frédéric Le Quer

PS: photo en une, « l’heure de tous », gare St Lazarre