Apocalypse 2015

Par Mardi 9 décembre 2014 Permalink 30

L’Apocalypse pour 2015 dans le domaine économique est de plus en plus annoncé. L’économie mondiale semble comme une poutre infestée de termites: de l’extérieur, les apparences sont sauves mais si on s’avise d’appuyer dessus, l’intérieur est si fragilisé, si pourri que le bois part en poussière, tel le monde en dépression dans le cas d’un accident économique. Quelqu exemples de scénarios envisagés ces temps-ci.

Une offensive contre l’euro durant les fêtes de fin d’année est chronologiquement la première menace brandie. Elle entraînerait une hausse spectaculaire des cours de l’or et de l’argent tout en mettant à genou l’Italie, maillon le plus faible de l’Union Européenne.  Pourquoi pas? Mais l’effet de surprise est si émoussé qu’il semble difficile de l’envisager sérieusement.

Toujours concernant l’Italie, les mois de juin ou juillet seraient particulièrement dangereux pour le refinancement de la dette. Le pays ne résiste plus que par la bonne grâce des marchés qui lui accordent des taux d’intérêt à 10 ans qui, malgré l’abaissement de sa note par S&P vendredi, restent inférieur à 2%. Mais suite au problème de compétitivité, dont souffre son économie, une sortie de la zone euro deviendrait inéluctable à cet horizon de temps. A l’évidence, dans ce cas, une réaction en chaîne sur les autres pays européens est prévisible.

Un petit mais ancien cabinet d’analystes américain appelé Jerome Levy Forecasting Center prédit une rentrée en récession l’année prochaine de l’économie américaine. Ce cabinet avait à la fois prévu la crise de 1929 mais aussi celle des subprimes en 2007. Ces lettres de noblesse le font donc écouter. Cette projection est plutôt à contre-courant de celles de grands groupes comme Morgan Stanley qui se félicitent de la bonne santé retrouvée de l’Amérique. Si cette perspective se révélait cependant juste, l’Europe déjà en piteux état supporterait difficilement ce coup du sort.

Ajoutons enfin les émergents qui immergent sous les coups de la baisse des matières premières et de la fuite des capitaux vers des cieux plus cléments. L’appauvrissement que ces pays subissent, la hausse du dollar qui les déstabilise, ne laisseront pas indemnes les pays occidentaux.

Les nuages s’amoncellent, ces scénarios ne sont pas exhaustifs. Les cataclysmes, dans cette période troublée, arriveront un jour mais sans que personne puisse les garantir pour l’année prochaine… La mondialisation et l’ultralibéralisme, loin d’être les vecteurs du progrès social, portent en eux les ferments du déclin occidental sans assurer la prospérité des ex-pays du tiers-monde. Ce sens de l’histoire perdant-perdant est annonciateur d’un futur plus qu’instable.

Frédéric Le Quer