Antoine-Louis Barye (1795 ou 1796-1875)

Par Samedi 11 octobre 2014 Permalink 14

La conception romantique d’Antoine-Louis Barye est un choc pour la sculpture animalière du XIXe siècle. La fréquentation des bans du jardin des plantes lui ont permis de retranscrire dans le bronze la justesse des mouvements animaliers et le naturel des expressions.

Sa superbe technique lui vient en partie de la maîtrise de la ciselure, si utile pour la véracité des effigies d’animaux, acquise à ses débuts dans la maison Fourier, graveur sur acier. Puis, à 22 ans il entre dans l’atelier du sculpteur Bosio et du peintre Gros. C’est en 1831 qu’il va marquer son temps avec son groupe un tigre dévorant un gavial maintenant visible au Louvre  mais à l’origine acquis pour les jardins du Luxembourg. A noter pour constater l’engouement toujours actuel en faveur de ses réalisations, qu’un bronze de ce modèle (20x51x16) signé et daté Barye 1840 a fait 29165 € à Toulouse il y a un an et qu’une autre épreuve plus petite (11x9x27) signée, datée et en plus numérotée a fait elle à St-Germain-en-Laye, en 2010, 33692 €.

Barye donne ses lettres de noblesse à la sculpture animalière. Ses fauves, ses chevaux, ses lapins, ses coqs, ses chats enthousiasment le public. Le patronage de la famille royale l’incite à ouvrir sa propre fonderie et à diffuser lui-même ses œuvres, pratique à l’époque particulièrement novatrice. Il se spécialise dans les groupes s’affrontant et combattant qu’il traite  avec vigueur par un grand sens naturaliste.  En 1846, Louis-Philippe commande à Barye un  lion assis pour le jardin des Tuileries. Malgré tout son succès, il est un mauvais gestionnaire et la révolution de 1848 est fatale pour son entreprise en faillite. La maison Barbedienne va reprendre en grande partie la fonte de ses sculptures.

Après quelques années de vaches maigres, sous le second empire, il obtient un atelier au Louvre et enseigne le dessin à de très nombreux élèves dont certains deviennent célèbres. Son fils Alfred est aussi sculpteur. Antoine-Louis Barye est couvert d’honneur, reçoit des commandes de Napoléon III et est reçu membre de l’institut en 1868.

Frédéric Le Quer