Anniversaire du traité de Maastricht

Par Mardi 7 février 2017 Permalink 6

En 1992, le traité de Maastricht représente une espérance pour la majorité des français. Les gens veulent bien admettre l’efficience des marchés mais ils ont surtout confiance en l’Allemagne pour remettre de l’ordre dans la maison France. Pour les français, Maastricht concerne essentiellement ces deux pays avec les figures emblématiques de Kohl, Delors et Mitterrand.

L’€ à l’époque est paradoxalement vu comme un outil souverainiste, une fierté nationale, le moyen de redonner sa grandeur à la monnaie française, tant le franc s’est fourvoyé dans ses multiples dévaluations. L’€ est, croit-on, l’outil qui posera la France à l’égale de l’Allemagne. Les citoyens ne comprennent pas qu’il s’agit d’un abandon de souveraineté primordial, qu’ils perdent le contrôle de leur destin économique et monétaire. La majorité ne perçoit pas que la monnaie unique correspond à la loi du plus fort et qu’il s’agit alors de donner les clés du marché intérieur français aux industriels d’outre-Rhin. Résultat chomage, hausse des prix, baisse du pouvoir d’achat.

La clairvoyance de Philippe Séguin devant l’Assemblée Nationale dans son fameux discours du 5 mai 1992 fait réfléchir les électeurs: « un fédéralisme au rabais fondamentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique. L’Europe qu’on nous propose n’est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution ». Mais rien n’y fera et le traité sera adopté du bout des lèvres.

Depuis les français regrettent sans oser revenir en arrière. La propagande pro européenne assénée fonctionne. Maastricht ou le chaos, leur dit-on en substance. Pourtant ce traité n’est vieux que d’un quart de siècle, soit pas grand chose dans un livre d’histoire de France! Mais il représente un tabou dont sont victimes les citoyens. Le taux de chomage et les salaires régulent les divergences entre pays du nord et pays du sud de l’Union Européenne, autrement dit l’individu n’est plus qu’une variable d’ajustement.

La France et les français se sont perdus avec naïveté car on ne négocie pas en position de faiblesse. L’anniversaire du traité de Maastricht n’est que celui de l’euromark.

Frédéric Le Quer