Anna Quinquaud (1890-1984)

Par Samedi 30 septembre 2017 Permalink 1

Les parisiens connaissent les bas reliefs d’Anna Quinquaud de la façade de la cité universitaire internationale du boulevard Jourdan. Les roubaisiens se souviennent de l’exposition qui fit date en 2013 concernant l’artiste à La Piscine. Les aficionados des ventes aux enchères sont depuis une vingtaine d’années à l’affût des œuvres de la sculptrice mises en vente.

Anna Quinquaud est donc à la mode. Cette femme, prix de Rome en 1924, orpheline de père à 4 ans et dont la mère était elle-même sculptrice et élève de Rodin, préfère partir en Afrique plutôt qu’à la villa Médicis pour parfaire son éducation de plasticienne. L’exposition coloniale de 1931 lui donne raison car elle séduit les visiteurs par ses bronzes exécutés à partir de portraits ethnographiques façonnés sur le vif du Soudan à Madagascar. Dans cette veine, elle travaille par la suite avec la manufacture de Sèvre ou les maisons quimpéroises de faience.

Comme il arrive souvent, Anna Quinquaud est dans l’air du temps à cause d’un malentendu ou par provocation. Chrétienne engagée, membre du groupe catholique des beaux arts, active supportrice du renouveau des arts sacrés, son travail artistique n’est pas sans démontrer un certain prosélytisme en cherchant à christianiser le continent africain. Cette attitude si poltiquement incorrect de nos jours, l’amène à réaliser des œuvres comme celle en une de l’article, avec le céramiste Victor Canale (1883-1959), intitulée Notre Dame du Maghreb, 1952, grès émaillé, signé, 48 x 12 x 13 cm vendu à St Cloud chez Le Floc’h svv le 5 octobre 2014, 18 600 €.

Concernant son travail plus ethnographique, mentionnons, en bronze patiné, cette tête de jeune homme, ci-dessous, rencontré d’après la Gazette Drouot « probablement à Tananarive » (l’artiste y enseigna le dessin), h 34 cm adjugée à Guéret chez Turquin ovv la somme de 30 000 € le 3 juin 2017.SAM_4565

Concernant le grès, ci-dessous, Femme du Foutah Djalon, vers 1930, réhaussé d’or, manufacture HB à Quimper, h 39,5 cm, Armor enchères à St Brieuc l’estimait pour sa vente du 23 juillet 2015 entre 23 et 28 mille euros.SAM_4567

Quelques immeubles parisiens gardent aussi la trace d’Anna Quinquaud en façade comme en témoigne la paire de bas relief en plâtre, ci-dessous, Danseur et danseuse, 108 x 54 cm, commande d’un constructeur autour de 1950, que la maison Daguerre à Drouot vendit le 27 mai 2015 un peu plus de 13 500 €.SAM_4566

Frédéric Le Quer