Anecdote à l’hôtel Drouot, cette semaine

Par Mercredi 29 novembre 2017 Permalink 3

Lors d’une vente de montres cataloguée à l’hôtel Drouot où beaucoup ont été ravalées (invendues dans le jargon), une Rolex estimée entre 15 000 et 20 000 € était proposée à la vente. Le commissaire priseur part bas compte tenu de l’estimation et trouve preneur à 1 500 €. C’était en fin d’une vente qui fit assez peu de chiffre d’affaire. L’adjudicateur devait se dire, au fur et à mesure que les lots défilaient, qu’ils étaient présentés trop chers, qu’ils n’étaient pas au prix du marché. Sans doute voyait-il aussi l’espoir qu’il avait mis dans cette vente concernant ses gains, disparaître inéluctablement.

Mais l’esprit humain est ainsi fait qu’il s’arrange parfois avec le réel.

Alors quand enfin quelqu’un dans la salle veut bien acheter l’objet qu’il présente, le commissaire priseur, bien content, (la commission oscille frais acheteurs et frais vendeurs compris entre 25 et 50%) adjuge sans faire attention à l’estimation, la montre à 1500 €. Il avait fait un heureux, l’acheteur, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive de son étourderie ( 1500 au lieu de 15000) et demande illico au crieur que le bon d’acquisition du client ne lui soit pas remis. Ce dernier rue dans les brancards, manifeste sa bonne foi, réclame son bien. Rien n’y fait. Le commissaire priseur ne veut pas céder. La sécurité arrive pour remettre le calme dans la salle. D’après mes informations, les images furent visionnées et le bon droit de l’adjudicataire démontré.

Mais l’officier ministériel ne céda pas. Sans doute y avait-il un prix de réserve et il aurait dû verser de sa poche la différence entre le prix de vente et le prix que le vendeur l’avait autorisé à vendre. Plus de dix mille euros!!! Résultat, l’acheteur faillit faire un chopin (un beau coup dans le jargon). Il « faillit » seulement!

Frédéric Le Quer