Alfred Beau (1829-1907) à Quimper

Par Dimanche 14 février 2016 Permalink 12

Quand Alfred Beau vers 1870 va avec son épouse s’installer à Quimper pour travailler avec la manufacture Porquier Frères, celle-ci bénéficie déjà d’une certaine avance sur ses concurrentes. Les rivalités sont acharnées entre les faïenciers de la ville et les artistes peintres de talent ne manquent pas dans la région. Le siècle est pour la Bretagne celui de la croissance économique après des centaines d’années de misères.

Alfred Beau met à contribution son expérience passée dans divers domaines comme la photographie qu’il exerce à Morlaix, sa ville natale, ou bien sûr la peinture, il est formé par son oncle, Léopold Beau,  pour créer des formes et des décors originaux. La coupe en faience polychrome, en une, démontre à quel point l’inspiration de l’artiste est vaste. Créée vers 1870, diam. 22 cm, elle fut adjugée à Brest chez Adjug’art svv en juillet 2015 6 100 €.

Il va signer ses pièces comme d’autres leurs toiles et dans cet art particulier de la céramique, il se distingue par son originalité. Cet élève d’Eugène Isabey continue à nous toucher à la fois grâce à ses cotés innovants mais aussi à son ancrage dans  une iconographie très XIXe siècle.

Alors que les majoliques italiennes sont redécouvertes à cette époque, Alfred Beau s’en inspire et se sert de sa grande virtuosité technique pour proposer des tableaux en céramique dont l’inventivité séduit ses contemporains. Associé à la veuve Porquier vers 1875, il crée la série d’assiettes  à succès dites « botaniques » aux thèmes japonisants très en vogue dans la période art nouveau grâce à la récente ouverture de l’archipel nippone sur le monde. L’ensemble de 22 assiettes, fin XIXe, début XXe ci-dessous diamètre 23 à 25,5 cm fut vendu à Bordeaux le 4 décembre 2010 chez Alain Briscadieu SVV, la somme de 17 464 €.SAM_1021

Mais Alfred Beau encourage avant tout les arts locaux et il est une personnalité importante de sa région. Le maire de Quimper, Joseph Astor, grand amateur, lui passe directement des commandes pour les collections de son manoir de Kerazan qui offre aujourd’hui aux visiteurs « une photographie de l’art de vivre breton au XIXe siècle ». La plaque en terre vernissée ci dessous décorée sous émail d’une rue animée à Quimper, légendée Rue Basse Loc-Maria Quimper, manufacture Porquier vers 1880 46 x 38 cm fut adjugée 9 840 € chez Dupont & associés svv à Morlaix le 9 juillet 2012. La Gazette Drouot écrit à son propos qu’elle illustre particulièrement « l’habileté » d’Alfred Beau.SAM_1020Frédéric Le Quer