Alexis Tsipras en héros grec

Par Lundi 29 juin 2015 Permalink 27

Alexis Tsipras veut redonner la parole à son peuple, et son honneur est immense de faire passer ses concitoyens du rôle de marionnettes à celui de marionnettistes. Il prouve que le terme populiste est celui de l’espoir retrouvé par l’exercice de la démocratie. Tout sera tenté, dans les jours à venir,  pour discréditer la juste consultation électorale qu’il organise, car pour les institutions européennes un retour aux urnes, un référendum est une atteinte à leur confortable statut. Les médias commencent dès ce matin la propagande après avoir reçu les ordres ce weekend des capitaines d’industrie qui les paient.

Le gouvernement grec va pendant la semaine être vilipendé dans toute l’Europe à cause du respect qu’il porte à son peuple. Il lui accorde le droit souverain de disposer de lui-même, la possibilité pour chacun de contrôler son avenir, en étant maître de choix qui de plus en plus se prenaient entre gens d’un petit monde aux intérêts strictement contradictoires avec ceux de l’écrasante majorité. Les gens flouées par des institutions européennes antidémocratiques vont pouvoir s’exprimer. Si la soumission leur convient, rien ne changera, mais si l’aspiration à la liberté est la plus forte, ils soulèveront des montagnes et représenteront un phare aveuglant les caciques mais dirigeant l’ensemble des européens sur la voie à suivre.

Tous ces partis qui essaiment, taxés d’extrême droite ou d’extrême gauche pour commodément les stigmatiser, viennent de la révolte saine, éclairée et non violente de peuples qui croient encore en leur système électoral, en la démocratie. Quand les dirigeants, les ministres, les chefs d’état ne sont plus respectables car devenus fondamentalement des totalitaristes, les remplacer est le devoir de citoyens libres refusant le joug oppressif d’une austérité calculée qui leur laisse la tête hors de l’eau tout en interdisant l’espoir d’une vie meilleure. Le pire est d’ailleurs moins la vie difficile imposée ad vitam æternam que le spectacle obscène d’une classe où l’argent coule à flot en même temps que son pouvoir est discrétionnaire et ses droits quasiment illimités.

Que les bourses du monde entier capitulent en rase campagne! Que les banques boivent le bouillon! Que les milliardaires perdent leur fortune! Le peuple risque beaucoup moins que tous les kleptos du monde simplement parce qu’il n’a rien à perdre. Et surtout que les grecs n’oublient pas l’exemple islandais, celui dont les médias ne parle pas, qui a vu en quelques années toute une communauté redresser la tête et rejeter, il y a quelques semaines, l’invitation que la petite île a reçue d’entrer dans l’Union Européenne!

Frédéric Le Quer