Ainsi va la France…

Par Vendredi 31 octobre 2014 Permalink 27

Le jour où une femme suspectée d’avoir contracté le virus Ebola en Afrique a été hospitalisée à l’hôpital Bichat à Paris, 80% du personnel n’est pas venu travailler. Les urgences ont totalement été déstabilisées, les accidents concernant les soins se sont multipliés, plus de morts ont été dénombrés.

Ainsi va la France, entre black out de l’information et malaise généralisé passé sous silence. Ainsi va la France, entre égoïsme forcené, absence de conscience professionnelle et slogans publicitaires insensés clamées par le premier ministre tel « ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise ». Ainsi va la France entre patchwork ethnique et contrevérités délibérées sur son parcours millénaire.

Si l’Europe est le vrai problème de la situation économique mondiale, celui de la France est bien plus grave qu’un souci mathématique de croissance, qu’une addition de chiffres toujours plus mauvais, qu’un infléchissement dans ses finances à engager. Son drame est dans la dislocation du sentiment de la population à ne plus faire partie d’un peuple, à ne plus être le détenteur d’us et coutumes à perpétuer dans l’avenir. La génération vivant en France maintenant ne se sent plus le devoir de passer le témoin comme dans un relais à la génération suivante. Elle ne croit plus en ce qu’elle est car elle ne sait plus ce que son pays a été.

Les conservateurs de tout poil peuvent alors dormir sur leurs deux oreilles. Pour le soulèvement populaire et la rébellion, il faut que chaque révolutionnaire croit en son pays, ses potentialités, sa force. Le citoyen est alors prêt à mourir certes, bien sur, pour des conditions de vie meilleures, mais aussi parce qu’il sait faire partie d’un tout et que l’amour de la patrie représente un idéal, autorisant par le lien social qu’il induit, l’abnégation de soi pour l’amour d’une civilisation. Quand la nationalité française ne représente rien, l’honneur de la posséder est bien dérisoire.

Alors, si l’ordre mondial actuel a besoin de se réinventer, la France n’est plus l’aiguillon qui fera émerger les idées nouvelles. Les instances européennes l’ont d’ailleurs bien compris et l’opinion publique allemande d’un coté ou les soubresauts du peuple italien de l’autre sont scrutés avec plus d’attention et de crainte car véritablement en position de bousculer l’Union Européenne et la zone €.

Avec un président de la République soutenue par 13% des français, n’osant plus intervenir que lors d’inauguration de musées, que des sondages bidonnés veulent nous faire croire en  hausse (par quel miracle?) qui ne démissionne pas et qui n’est pas répudié, le mythe d’une France forte est une galéjade qu’un avenir dramatique se chargera de démontrer.

Frédéric Le Quer

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