« Aie confiance » proclame le gouvernement

Par Vendredi 21 août 2015 Permalink 23

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », disait humblement Socrate… Bien avant Jean Gabin! Cette sagesse n’est pas celle de ceux qui dirigent la France. Le gouvernement et le président de la république font mine de tout contrôler mais leurs déclarations péremptoires voulant montrer qu’ils ont la situation bien en main semblent venues d’une autre galaxie!

A tout seigneur tout honneur, quand François Hollande rabâche le mot croissance à longueur de déclarations, il atteint largement les limites de la méthode Coué. Ses promesses que plus personne n’écoute, achèvent de le rendre grotesque; elles arrivent à l’improviste surprenant même son entourage, sont plus démagogiques les unes que les autres et se basent sur un postulat, une croissance soutenue, qu’il n’a rien fait pour maîtriser, comptant exclusivement sur les rythmes économiques qui devaient laisser penser qu’automatiquement après l’orage vient le beau temps. L’orage on voit, le beau temps, non! Et ce n’est pas la crise brutale des pays émergents, la croissance molle américaine, ou simplement le ralentissement continuel de l’activité du secteur privé en France qui l’autorisent à systématiquement nous vendre son futur résultat économique comme un bonimenteur sur les marchés.

Stéphane Le Foll, porte parole du gouvernement s’est fendu d’une importante déclaration: « Ce qui s’est passé en Chine avec les dévaluations et, semble-t-il, un certain ralentissement au niveau de la croissance doit être regardé avec beaucoup de vigilance ». Tu parles, Charles! ça n’engage à rien, le gouvernement n’y peut strictement rien mais continue de faire semblant. Qu’il surveille de façon soutenue et attentive n’empêchera pas la France, devenue simple pion dans la mondialisation, de subir un choc dans quelques mois que les bourses actent dors et déjà.

Et puis il y a Bernard Cazeneuve, le ministre « anglais » de l’intérieur, qui s’acharne à sanctuariser le territoire britannique… Les médias outre Manche sont ravis de voir leurs policiers arriver à Calais pour palier à ce qu’ils présentent comme l’incurie des nôtres. Et le représentant français de remercier sans fin pour les quelques millions donnés par la perfide Albion qui nous laisse sur les bras la misère du monde. Quand ce monsieur se décidera-t-il à défendre les intérêts de sa patrie?

Cette rentrée voit non seulement le gouvernement prendre ses rêves pour des réalités, mais aussi donner l’impression d’être totalement dépassé par l’économie mondiale ou les flux migratoires. Au lieu de chercher à anesthésier les citoyens, le courage politique, son honneur, serait de regarder la situation bien en face et partager les préoccupations avec les français en cessant de les prendre pour des imbéciles. Seule cette attitude responsable serait susceptible de redonner sinon l’espoir du moins confiance dans les dirigeants. Au lieu de ça, l’inspiration vient toujours du serpent du Livre de la Jungle qui donne le ton avec son « aie confiance » hypnotique et fallacieux.

Frédéric Le Quer