Afrique et repentance

Par Mardi 31 mars 2015 Permalink 22

La période de la colonisation ne peut pas continuer à justifier la repentance à laquelle les pouvoirs exécutifs et législatifs aiment s’adonner vis à vis de l’Afrique au sens large. La cruauté des occidentaux et donc aussi de la France pendant plusieurs siècles a été dénoncée à maintes reprises et avec raison mais l’immigration actuelle est parfois comprise comme le moyen de réparer, d’expier encore et toujours les fautes du passé et là c’est une erreur.

En effet, en accueillant les populations pauvres des pays arabes ou d’Afrique subsaharienne, les pouvoirs successifs croient les aider en les soulageant du poids économique et social qu’elles constituent et  proposent ainsi une solution à leur misère qui passe par l’expatriation et l’installation dans des pays riches. Ces pouvoirs sous-entendent donc que rien n’est possible et que seule la fuite constitue une réponse appropriée à un malheur inéluctable que jamais leur pays ne pourra soulager. L’inefficacité de leur état voulue ou pas est actée par les autres.

Mais l’efficience du pouvoir, la capacité de l’état à être un véritable soutien ne tombe pas du ciel mais au contraire se gagne. Le Portugal avec la révolution des œillets, l’Espagne après la mort de Franco, la Grèce après de régime des colonels, l’Italie après Mussolini, l’Allemagne après Hitler, la Russie après le régime soviétique, la France depuis 1789 à de nombreuses  reprises, les Etats Unis, la Chine, le Vietnam, le Cambodge, etc, etc… tous ces pays ont gagné leur liberté, les ressortissants ont gagné le droit à l’égalité. Les peuples se sont battus pour avoir ce qu’ils ont aujourd’hui même si ces acquis sont attaqués en ce moment de tous les cotés.

La misère des peuples d’Afrique n’est pas irrémédiable à condition que les populations se soulèvent, comme ailleurs elles se sont soulevées par le passé et non pas fuient leur pays en attendant que les autres se mobilisent pour eux. Leur victoire serait qu’au prix de leur existence, ils combattent pour les idées qui leur sont chères et tirent ainsi leur patrie vers le haut pour regagner la fierté qui leur manque. Le rôle joué par le football tant aimé là-bas, devenu un ersatz de sentiment patriotique, ne remplacera jamais la gloire d’être victorieux contre l’oppresseur, contre la tyrannie exercée par les caciques, ne se substituera jamais à l’honneur d’un peuple qui a su résister.

La solution pour ces pays n’est pas dans l’émigration qui ne fait que les appauvrir de leurs forces, de leur jeunesse, la solution est que cette jeunesse justement se batte chez elle pour obtenir la possibilité de vivre au mieux dans le pays natal et qu’elle prenne en main sa destinée sans attendre que les autres se chargent à sa place de protéger une population qui a besoin de retrouver son honneur perdu.

Frédéric Le Quer