Affaire Alstom, hypocrisie et incompétence

Par Mercredi 14 septembre 2016 Permalink 3

Le graphe ci-contre montre l’évolution de l’indice PMI du secteur manufacturier (Alstom est dans ce secteur) en France depuis cinq ans. Le PMI est un indicateur de la santé économique du secteur manufacturier. Un PMI de plus de 50 représente une croissance du secteur par rapport au mois précédent. Un relevé inférieur à 50 indique une décroissance alors qu’un relevé de 50 indique un statu quo. Ce baromètre est significatif de l’état de santé de l’économie française mais se lit pour une vision plus globale avec l’indice du secteur des services qui a plus de poids dans le PIB.

Du premier coup d’œil, le lecteur s’aperçoit que les industries manufacturières, celles qui transforment les biens, qui fabriquent et installent des équipements industriels, en gros cette industrie qui indubitablement crée de la valeur ajoutée, crée de la richesse, alors que pour les services rien n’est moins sûr, et bien ce secteur économique vit en France une récession dramatique depuis longtemps. L’indice qui le reflète si clairement est très regardé par les institutions financières. Il est impossible qu’à la tête de l’état les gouvernants l’ignorent. Puisqu’ils connaissent la situation, leur émoi concernant le cas Alstom relève de la plus grande hypocrisie et d’une démagogie digne des pires manipulateurs. Les entreprises de ce secteur vont en général très mal partout en France. Elles son l’emblème d’une mondialisation pour laquelle nous ne sommes pas faits ou au minimum pas prêts. Avec un marché ouvert, il devient si facile d’acheter moins cher à l’étranger qu’inéluctablement le patriotisme économique perd de son sens et les travailleurs français originellement mieux payés qu’ailleurs perdent leur boulot sauf si l’entreprise vit sous perfusion d’aides de l’état payées par les impôts et les dettes. Les travailleurs de chez Alstom vivent alors de la redistribution comme n’importe quel bénéficiaire d’aides sociales.

Alors doit-on abandonner ce secteur sur l’autel de la mondialisation ou doit-on commencer à démondialiser pour sauvegarder ce secteur? En renonçant à un secteur manufacturier fort c’est à l’indépendance du pays que l’on renonce comme quand on abandonne le secteur agricole. Il est grand temps de protéger nos frontières, remettre des frais de douanes et tenter à nouveau à se suffir à soi-même pour recouvrer un peu de fierté, sans quoi nous ne représenterons plus rien du tout.

Frédéric Le Quer