Additif à l’article Rembrandt Bugatti (1884-1916)

Par Dimanche 18 décembre 2016 Permalink 1

La belle vente chez Delvaux SVV du 16 décembre dernier voyait présenter le splendide puma mâle de Rembrandt Bugatti, tête en une et de profil en bas de l’article: bronze à patine brune signé, circa 1911, cachet, cire perdue de A. A. Hébrard, numéroté 6, hauteur 28 cm, longueur 60 cm, un certificat de Véronique Fromager qui a rédigé le livre, Répertoire monographique, concernant l’artiste, est remis à l’acquéreur.

L’estimation très raisonnable pour le sculpteur (tout est relatif!) entre 150 000 et 200 000 € a évidemment été battue et le bronze animalier fut adjugé au marteau 310 000 € soit frais compris un peu moins de 390 000 €. Pour d’autres résultats de Rembrandt Bugatti voir: http://politiqart.com/rembrandt-bugatti-1884-1916/

Il restait cependant après la vente dans les couloirs de l’hôtel Drouot une impression de malaise. Un téléphone l’avait emporté sans vraiment lutter. Il se disait déjà que l’oeuvre partait à New York. Il se disait déjà qu’elle serait revendue le double sur le marché américain. Certains marchands se faisaient l’écho des sarcasmes dont le marché de l’art parisien était victime. Les grandes galeries d’outre-atlantique ou d’Extrême-Orient se riaient des prix pratiqués ici, venaient faire leurs emplettes dans une France qui du temps de sa grandeur regorgeait d’oeuvres d’art et rapportaient sur leur marché domestique des réalisations majeures d’artistes de tout premier plan à ce qui était pour elles des prix bradés.

Les temps changent! Après que les français aient rapatrié de belles choses à travers le monde au XIXe ou au début du XXe siècle, c’est leur tour d’être les victimes de l’exportation de leurs propres biens culturels. Personne ne cherche à arranger la situation. Le milieu de l’art hexagonal se satisfait alors des miettes qu’on lui laisse compte tenu de notre régression et de son déclassement.sam_2645

Frédéric Le Quer