Aborigène, un art ancien et actuel

Par Dimanche 9 octobre 2016 Permalink 1

Nous sommes nombreux à connaitre l’Australie, ses différentes facettes et les arcanes de la culture aborigène à travers les enquêtes de Napoléon Bonaparte alias Bony, héros métissé du milieu du XXe siècle de l’écrivain Arthur Upfield. Evidemment c’est un peu court! Les britanniques à partir du XVIIIe siècle tentèrent d’éliminer une culture. Les partisans d’une Australie blanche parquèrent les aborigènes dans des réserves espérant petit à petit déraciner les plus jeunes. Leur art quasiment seul résista et de nos jours, mâtiné de culture occidentale son audience à travers le monde est importante.

L’art aborigène joue dorénavant un rôle politique et est le moyen trouvé par la communauté aborigène pour préserver son identité. Grâce à l’art, celle-ci récupère des terres en justice en fournissant des preuves ancestrales de propriété. L’art est aussi le moyen de « matérialiser le temps du rêve en traçant sur tout support -corps, sable, écorce, pierre, toile- une histoire du monde tant sur le plan terrestre que cosmique avec ses héros mythologiques et ses lieux sacrés » (Molly Mine, La Gazette Drouot). Dès le XIXe siècle les créations exotiques sont appréciées par les colons. Les réalisations modernes continuent d’être acquises par les collectionneurs en bénéficiant d’une renommée internationale.

Des maisons de vente parisiennes comme Cornette de Saint Cyr ou Millon organisent régulièrement des vacations sur ce thème. Deux belles enchères sont ici mises en exergues mais le plus souvent pour des artistes de moindre renommée quelques centaines d’euros sont nécessaires et suffisantes pour acquérir ce type d’oeuvre d’art.
Chez Million SVV, par exemple, il fallait prévoir l’année dernière 4956 € pour acquérir la réalisation « psychédélique » ci-dessous, acrylique sur toile (127 x 100 cm) de Judy Watsonsam_2010
Chez Sotheby’s l’ocre naturelle sur toile ci dessous de Rover Thomas Joolama atteignait le 21 mai 2015 25 760 €. L’artiste est une valeur sûre et participa à la biennale de Venise en 1990.sam_2011

Frédéric Le Quer

PS: En une sculpture en acier de Wu de Ch’un 2013 127 x 30 x 23 cm présentée à l’exposition d’art aborigène de Bordeaux en 2015