2015: état failli

Par Jeudi 31 décembre 2015 Permalink 1

Un état failli se distingue par la désacralisation de son autorité perçue de plus en plus comme partiale. Ce sont les détails qui exaspèrent en premier et ils sont légions. Contraventions pour stationnement ou pour les petits excès de vitesse, pression fiscale, difficulté à joindre les deux bouts donnent l’impression que toujours les mêmes subissent les rigueurs de la loi. Les sanctions sont ressenties comme injustes et inacceptables quand parallèlement une économie souterraine s’installe dans les banlieues d’immigrés sans qu’il en coûte à ceux qui l’organisent. Pire, pompiers, policiers, services de santé y sont reçus par des violences jamais punies. L’impression du deux poids, deux mesures détruit l’unité nationale. Le malaise s’accroît. Les tensions s’exacerbent.

Alors que dans certains quartiers, les incivilités, comme on dit en langage politiquement correct, n’ont jamais été si nombreuses sans être réprimées, les français se voient taxer sans fioriture pour n’importe quelle infraction si minime soit-elle. Les mêmes, toujours, paient, pour tout, car ils sont faciles à ponctionner, ont toujours quelque chose qui pourra être saisi et ne se révoltent pas encore. Mais ailleurs, dans des villes de banlieue, dans des cités, le laxisme prévaut depuis que les représentants de l’état ont peur. Peur non pas des individus à punir, soutenus ils pourraient les soumettre, mais de leur hiérarchie qui ne les épaulent pas et les enfoncera en cas de bavure. Policiers ou enseignants travaillent sans filet en sachant qu’ils seront sacrifiés à la première occasion, traités de racistes et cloués au pilori si ils osent simplement dire ce qui se passe.

L’inégalité devant la loi républicaine sape les fondements de la société. La classe moyenne, de moins en moins nombreuse (aux USA elle représente déjà une minorité!) est coincée entre une élite qui s’arroge des prérogatives de plus en plus inouïes dans le domaine des revenus, des avantages en nature, des dérogations fiscales et la classe « populaire » objet d’attentions dues à la crainte qu’elle ne fasse sécession et mette le pays à feu et à sang. Le terrorisme si affreux soit-il est l’arbre qui cache la forêt, mais cet arbre permet aux langues de se délier. Ce qui vient d’arriver en Corse avec la révolte des honnêtes gens, a l’approbation des français du continent. Seulement la solidarité insulaire permet des réactions que l’éclatement du lien social ailleurs freine, freine mais n’empêchera pas un jour ou l’autre.

Le respect à l’autorité de l’état n’est valable que si celui-ci est impartial. Quand les privilèges deviennent la trace indélébile laissée par une organisation sociale, c’est un état failli. Il est alors du devoir des citoyens de s’opposer à lui, de lui résister, de le combattre et de le détruire.

Le chant du départ-1794 (extrait)

La victoire en chantant
Nous ouvre la barrière.
La Liberté guide nos pas.
Et du Nord au Midi
La trompette guerrière
A sonné l’heure des combats.
Tremblez ennemis de la France
Rois ivres de sang et d’orgueil.
Le Peuple souverain s’avance,
Tyrans descendez au cercueil.

La République nous appelle
Sachons vaincre ou sachons périr
Un Français doit vivre pour elle
Pour elle un Français doit mourir.

Bonne année à tous.

Frédéric Le Quer