10 ans de crise des subprimes

Par Lundi 7 août 2017 Permalink 3

Il y a dix ans, commençait la crise des subprimes avec l’éclatement de la bulle des prêts hypothécaires à risque. Les états déversèrent des milliers de milliards d’argent pour sauver le système financier. C’était la plus grave crise depuis 1929. Elle n’est pas terminée.

Certes, Wall Street bat record sur record avec des actions comme Boeing, Caterpillar ou Apple. La hausse continue des années Obama se prolonge avec le mandat de Trump. L’euphorie actuelle laisse envisager que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes! Il apparaît néanmoins que la rentabilité attendue d’un placement en action est plus mauvaise que jamais. Mais cette attractivité pour le risque se justifierait à cause des taux d’intérêt particulièrement bas maintenus ainsi par la politique des banques centrales. Donc la croissance future n’entre pas en ligne de compte. L’idée à gros trait est que comme les obligations de rapportent pas il faut acheter des actions… L’argument même sans y connaître grand chose semble particulièrement spécieux. Les actions ressemblent à une patate chaude qu’on se repasse avant de se brûler puisque leur hausse ne dépend plus vraiment des bénéfices et des chiffres d’affaire des entreprises.

La concentration des richesses dénote un système malsain: Une dizaine de personnes aussi riche que le reste de l’humanité! Cet état de fait prouve à lui seul que la démocratie est plus un leurre que jamais. Ces milliardaires font voter les populations comme ils le veulent et décrédibilisent les dirigeants qui ne leur conviennent pas.

L’élément le plus suspect de cette reprise que certains chiffres cherchent à démontrer (pris des actifs financiers très chers ou taux de chômage très bas), est certainement l’absence d’inflation. Pourtant les banques centrales ont voulu y arriver. L’inflation est la vie, la santé d’un système: Les salaires montent, les coûts de production s’accroissent, les prix à la consommation s’élèvent. Un effet dialectique se met en place, boostent ces variables avec le plein emploi. C’est l’exemple des trente glorieuses. Aujourd’hui, c’est Waterloo, morne plaine! Le taux d’emploi reste lamentablement bas partout. Quand les entreprises augmentent leurs bénéfices ce n’est pas grâce à leur chiffre d’affaire en hausse mais à une érosion des coûts de production.

Si les plus riches s’enrichissent grâce à la politique monétaire accommodante des banquiers centraux, les populations restent dans la mouise et ne sont pas prêtes d’en sortir. C’est pourtant à elles que des individus comme Macron élus grâce à la propagande mise en place par les milliardaires, veulent prendre des sous. Si la crise des subprimes est terminée pour quelques uns, elle continue de creuser la tombe de tous les autres.

Frédéric Le Quer